Après huit mois de fermeture par mesure de précaution dans le cadre des mesures destinées à lutter contre la propagation du coronavirus, la gare routière du Caroubier est, depuis vendredi dernier, de nouveau opérationnelle. Mais ce n’est que depuis hier, samedi, que les quais et le grand hall de cette gare ont renoué avec un semblant d’activité tant la fréquentation en termes d’autocars et de voyageurs était des plus faibles contrairement à l’afflux que connaît cette enceinte durant la période des fêtes de fin d’année. Le constat était d’ailleurs facile lors du passage de Reporters sur les lieux en milieu de journée.
C’est donc, si l’on peut la qualifier ainsi, une timide reprise d’activité dans cette grande gare routière. On dénombrait, en effet, tout au plus une dizaine d’autocars prêts à se mettre en place sur les quais jouxtant les salles d’embarquement presque vides, où les voyageurs en attente n’étaient pas nombreux. Même tableau au niveau des nombreux guichets que compte cette enceinte, où parfois des personnes pointent pour demander si un départ est prévu pour leur destination. La réponse qui revenait souvent «tout dépend de l’arrivage des autocars en provenance des quatre coins du pays». Certes, sur tout au plus deux tableaux d’affichage électroniques des départs sur la dizaine disposés dans le grand hall, on pouvait lire les prochaines dessertes et leur horaire de départ tandis que le reste des tableaux étaient tout simplement éteints. Reporters a tenté d’en savoir plus. Selon un responsable, «les départs ne sont annoncés qu’une fois que les patrons des autocars font part à l’administration qui gère le trafic de leur arrivée et ainsi pouvoir les programmer sur la liste des départs. En clair, on ne peut annoncer un départ sans s’être assuré qu’un autocar est en liste d’attente». A propos de cette faible présence d’autocars au niveau des aires de stationnements proches des quais d’embarquement, le directeur de la gare routière, Tissa Youssef, que Reporters a rencontré dans le hall, a estimé que «le retour des cars en plus grand nombre va se faire progressivement au fil des jours. Cette faible affluence était prévisible après huit mois d’interdiction de circuler». Au registre des mesures barrières de protection et de distanciation, le directeur a tenu à nous faire savoir que «tout est fin prêt comme vous l’avez certainement constaté». Ajoutant dans ce sens que «tout le personnel affecté au niveau des guichets et à l’enregistrement ont reçu des consignes strictes à faire observer les mesures barrières et de mettre à la disposition des voyageurs les alcools de désinfection dès leur entrée dans la salle d’embarquement».
Concernant les commerces présents dans le hall, là aussi, les rares patrons présents sur place nous ont avoué à l’unanimité leur soulagement. Notons que nombreux parmi ces derniers, notamment ceux vendant des produits de consommation n’étaient pas prêts encore à reprendre leur commerce car beaucoup plus affairés à réunir dans des sacs tous leurs produits périmés et opérer un grand nettoyage. Soulignons par ailleurs que seuls les vendeurs de cosmétiques-tabacs étaient ouverts. Par contre, s’agissant de la restauration rapide, aucun prestataire n’était en activité. Cela se comprend à partir du moment où la réouverture de la gare routière n’a été effective qu’à partir de vendredi dernier et que ce type de prestation exige des préparatifs particuliers. On apprend également que les patrons de commerce de cette gare routière ont vu leur droit de location levé durant toute la durée de leur fermeture. «Nous espérons que les locataires auprès des concessionnaires vont eux aussi bénéficier de cette largesse», lance Hamid qui a conclu un contrat de location avec un concessionnaire. Toujours à propos des patrons de fastfood, l’un d’entre eux nous a fait savoir que la gare routière sera fermée de 20H à 05H, «ce qui veut dire que nous aussi nous serons dans l’obligation de baisser rideau pendant toute cette durée. Du coup cela va nous pénaliser lourdement.
Les taxis décident de travailler un jour sur deux
Du côté des taxieurs affectés à la gare routière, au nombre de 185, moyennant une redevance mensuelle de 3 000 DA, on a certes bien accueilli la réouverture de la gare routière. Mais devant la faible affluence «nous avons décidé d’un commun accord de travailler un jour sur deux afin que chacun d’entre nous tire un peu profit de ce retour d’activité de la gare dans l’attente que celle-ci fasse le plein d’activité», nous a appris Aït Hocine du bureau de coordination des taxieurs de la wilaya d’Alger.
Disons enfin comme nous l’ont témoigné les quelques personnes rencontrées lors de notre passage à la gare routière du Caroubier, le retour du transport grandes lignes «est une très bonne chose notamment pour tous ceux dans le besoin de se déplacer pour une raison ou pour une autre».
Rappelons que la Société d’exploitation des gares routières d’Alger (Sogral) est mobilisée pour la circonstance afin que toutes ses prestations de services soient au rendez-vous et que rien n’a été négligé. Mais toujours est-il que Sogral reste tributaire du bon vouloir des patrons d’autocars, car ces derniers vont-ils se soumettre à la règle de ne transporter qu’à hauteur de 50 % de leur capacité ? En clair, vont-ils jouer le jeu ? Attendons de voir. n