De nombreux exportateurs nationaux jugent que le coût du fret maritime est cher « ce qui les décourage quelque peu à développer leurs activités». Ils pourraient l’être davantage suite à l’entrée en vigueur depuis le 1er janvier dernier de nouvelles règles dans le transport international des marchandises. Une nouvelle réglementation dont ils ont pris connaissance dans le détail lors de leur participation à un séminaire sur les Incoterms 2020 (contraction des mots anglais International Commercial Terms) qui s’est tenu, hier, au Centre international des conférences Abdelatif-Rehal et organisé par la Chambre algérienne de commerce et d’industrie (CACI). A cette occasion, le ministre du Commerce Kamel Rezig, qui a inauguré le séminaire, s’est félicité du thème choisi par la CACI car, selon lui, « il est de plus en plus utile et nécessaire de renseigner nos exportateurs sur les nouvelles conditions de transports de marchandises par voie maritime si nous voulons booster nos exportations hors hydrocarbures ». « Chose qui reste à la portée dans la mesure où nous disposons de sérieux atouts que nous devons exploiter », a-t-il indiqué. De son côté, le délégué chargé du commerce extérieur a lancé à l’auditoire la nécessité de prendre acte de l’Incoterms 2020. Après quoi, le président de la commission Droit et Pratiques du commerce international d’ICC France et Co-président du comité de rédaction international des Incoterms 20200, Maître Christophe Martin Radtke, a exposé exhaustivement la nouvelle version applicable à partir du 1er janvier 2020, mais s’est attardé sur les principaux changements sur le fond. A propos des obligations, l’Incoterm 2020 prévoit que le vendeur doit souscrire un contrat au profit de l’acheteur. Selon l’expert, cette couverture des risques auxquels sont exposées les marchandises au cours de leur transport maritime est apportée par les polices d’assurances maritimes qui couvrent ces marchandises pendant tout le trajet du transport, depuis le point de départ jusqu’au lieu de destination. Mais vu que le transport international de marchandises fait intervenir principalement trois acteurs ou leurs représentants, l’exportateur, l’importateur et le transporteur, se pose alors la question de la charge du risque transport. « D’où l’importance des Incoterms », a fait remarquer l’expert. Notons que du côté de certains opérateurs exportateurs et d’autres intéressés par l’export, intervenant lors des débats, ils n’ont pas caché que la nouvelle version de l’Incoterm « est synonyme de surcoût du fret maritime». L’un des participants lançant qu’il allait «réfléchir par deux fois avant de se décider à effectuer une opération d’export tant la nouvelle règlementation impose des frais supplémentaires ». Et de poursuivre : « Ce que nous attendons, c’est une prise en charge partielle des frais par le ministère de tutelle qui ne cesse de marteler sa disposition à accompagner les exportateurs dans leur démarche. Nous attendons une intervention en ce sens des pouvoirs publics.»
Notons qu’une communication a été donnée par une commissaire aux comptes portant sur l’impact des Incoterms 2020 sur le commerce extérieur de l’Algérie. Cette dernière jugeant que la nouvelle version met à l’abri l’exportateur et l’acheteur devant les imprévus qui pourraient intervenir lors du transport de marchandises. « Une assurance bénéfique par les parties ». Le représentant de la direction générale des Douanes a pour sa part exposé le regard des Douanes sur les Incoter et leur portée faisant remarquer que la nouvelle version a de nombreux points positifs. Pour Ali bey Nasri, président de l’Association des exportateurs, qui se prononçait en marge du séminaire, le volume des expéditions reste faible. Cela, a-t-il dit, est dû essentiellement au fait que « nous manquons de vision et que toutes les parties prenantes font montre d’un manque d’implication pour booster les exportations hors hydrocarbures. Pire encore, nous constatons un recul puisque de 2,8 milliards de dollars réalisés en 2018, nous sommes tombés à 2,500 milliards de dollars en 2019 ». Ce responsable a, par ailleurs, tenu à faire remarquer que 80% des exportations sont des engrais à base de dérivés d’hydrocarbures destinés à l’agriculture et que seulement cinq exportateurs s’inscrivent dans la durée. n