Le transport terrestre inter-wilayas reprendra du service lorsque la situation sanitaire provoquée par la Covid-19 sera complètement contrôlée, a indiqué hier le ministre des Transports, Lazhar Hani. «Lorsque nous contrôlerons complètement la pandémie de coronavirus, nous ouvrirons le transport entre les wilayas», a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse.
Le gouvernement préfère donc opter pour la temporisation pour éviter le risque de voyage du virus d’une région à une autre. C’est d’ailleurs dans cette logique préventive que M. Hani avait déjà justifié le maintien de la fermeture des wilayas au transport routier. «Parce que ce sont des déplacements de longs trajets, et donc impossibles à contrôler et c’est le lieu de l’installation de la pandémie par excellence», avait-il expliqué, soulignant que «c’est dans le cadre des mesures barrières pour empêcher la circulation de la pandémie» que le transport inter-wilayas n’est pas encore autorisé.
Cette nouvelle sortie du premier responsable du secteur annonçant le maintien de l’interdiction du transport inter-wilayas va sans doute être mal accueillie par les professionnels du secteur et les voyageurs concernés. A l’arrêt depuis mars dernier, les transporteurs pénalisés sont déjà montés au créneau à plusieurs reprises pour manifester leur détresse et leur colère, demandant la reprise de leur activité.
Il faut dire que l’arrêt du transport terrestre inter-wilayas laisse sans ressources des milliers de familles. Les pertes dans cette branche sont considérables et ne cessent d’augmenter au fil des reconductions des mesures sanitaires qui la maintiennent sur calle.
Mais c’est surtout le transport aérien qui a subi le plus lourd impact financier de la pandémie de coronavirus. Annoncé, il y a quelques jours par les responsables commerciaux d’Air Algérie, le montant de 40 milliards de dinars de pertes pour la compagnie nationale a été de nouveau mis en avant par le ministre du secteur. Avec des vols à l’arrêt depuis mars dernier pour raison de fermeture des frontières et de suspension du trafic aérien, cette entreprise a, à l’instar de l’ensemble des compagnies d’aviation dans le monde, été fortement secouée en 2020. Mais les ultimes semaines de l’exercice qui s’achèvent ont visiblement été moins pénibles que celles qui les avaient précédées pendant neuf mois chez Air Algérie, et ce grâce à la reprise des vols intérieurs depuis le 6 décembre.
Quant aux dessertes internationales, elles resteront, pour l’instant, consacrées au seul rapatriement des Algériens bloqués à l’étranger, et M. Hani a encore insisté que l’ouverture des frontières et la reprise des vols à l’international est une décision qui relève des prérogatives des plus hautes autorités du pays. Et à regarder ce qui se produit depuis quelques jours en matière de restrictions des déplacements aériens provoquées par la nouvelle souche de Covid-19 détectée au Royaume-Uni, on comprend vite que la réouverture des frontières aériennes de l’Algérie va encore attendre le temps qu’il faut. Un peu plus longtemps que ce qui pouvait être prévu, manifestement.
Tout comme les frontières maritimes pour le transport des voyageurs, sans doute, dont l’Entreprise nationale de transport maritime de voyageurs (Entmv) a perdu 9 milliards de dinars en 2020, a aussi indiqué le ministre, ajoutant que toutes les autres entreprises de transport ont payé chèrement les mesures sanitaires mises en place depuis mars dernier et que son secteur a subi des pertes «considérables».