En apprenant du ministre des Transports Lazhar Hani que la reprise de leur activité ne se fera pas de sitôt, les transporteurs inter-wilayas de personnes voient ainsi leur espoir de reprendre la route dans un délai très court s’estomper. Ceux-là même, sans revenus depuis plus de sept mois conséquemment aux mesures de confinement dictées par la pandémie de la Covid-19, ne sont certes pas à la veille de sortir de leur détresse dans laquelle ils se sont retrouvés après que Lazhar Hani a, lors de son passage hier au forum de la Radio nationale, affirmé que «les conditions permettant une reprise du transport inter-wilayas et du métro d’Alger ne sont pas encore réunies». Autrement dit, «un retour de ces deux types de transports de voyageurs est à exclure dans l’immédiat», a-t-il attesté. Ce dernier a, par ailleurs, à cette même occasion, expliqué que «la reprise exige une réorganisation» et d’avouer sur ce point précis «nous ne sommes pas encore prêts». Toujours au registre de son argumentaire, il dira «malgré la diminution des cas de contamination à la Covid-19, la situation n’est pas encore propice pour donner le feu vert car la pandémie n’est pas tout à fait éradiquée».
Cela dit, et pour revenir à l’aveu du ministre reconnaissant qu’en matière d’organisation «nous ne sommes pas prêts pour une reprise dans ces deux types de transport de personnes», il faut comprendre que le gouvernement ne veut prendre aucun risque, sachant pertinemment que les règles sanitaires sont difficiles à faire respecter dans les taxis, les cars et encore plus dans le transport de masse qu’est le métro d’Alger, alors que dans la conjoncture actuelle la distance sociale doit être respectée à la lettre et en toute circonstance, afin d’éviter de se retrouver dans des situation ingérables avec pour conséquence une accélération de la circulation de la Covid-19. Alors que la stratégie adoptée par le Comité scientifique de suivi de l’évolution de la pandémie à son tout-début d’apparition dans le pays était de «réduire par tous les moyens l’échelle de contamination de la Covid-19». C’est pourquoi, la reprise du transport inter-wilayas et du métro devenait pour le gouvernement une décision lourde à prendre. Et dans cet ordre d’idées, la réouverture des écoles, collèges et lycées prend l’allure d’un test grandeur nature car, dans le cas où il se révélera positif, la question de la reprise du transport inter-wilayas et du métro ne sera plus entourée de tant de méfiance. Ce qui d’ailleurs pourrait conforter les taxis et les patrons de bus à plus de patience dans l’espoir de reprendre du service.
Une patience à laquelle des syndicalistes de l’Union nationale des transporteurs (Unat) et de la Fédération nationale des transporteurs de voyageurs et de marchandises (FNTVM), contactés par Reporters hier, se disent prêts à s’y soumettre non sans avouer qu’au sein de leur organisation les avis sont partagés. «Le gros de la troupe va continuer à patienter certes, difficilement, compte tenu de leur situation financière des plus précaires. Par contre, une frange reste décidée à se faire entendre en se regroupant sur le perron des directions des transports de leur wilaya», nous a appris un syndicaliste approché par Reporters qui a tenu à garder l’anonymat. Toutefois, et aux dernières nouvelles, les bureaux de l’Unat vont se réunir à l’issue de quoi un communiqué sera établi dans lequel il sera dévoilé la prise de position des organisations syndicales. «En somme, il faudra s’attendre à des réunions houleuses», nous a enfin confié notre source. Nous serons fixés dans les prochains jours sur l’évolution de la situation au sein des organisations syndicales citées. <