La SNTF est sur le point d’annoncer un «plan stratégique» pour son développement. Ce plan, a indiqué son Directeur général intérimaire, portera sur la période 2021-2025 et sera soumis «prochainement» au gouvernement après un examen en conseil d’administration. L’annonce de Karim Ayache, postée sur la page facebook de l’entreprise, est adressée aux cadres et aux cheminots.
Le plan évoqué par M. Ayache servira à remettre sur rail un transporteur fortement ébranlé par la crise sanitaire qui a aggravé une situation financière déjà fortement détériorée. La pandémie de la Covid-19 a, en effet, lourdement impacté son activité «passagers». Jusqu’à la remise en service du réseau-banlieue avant celui des grandes lignes, le 3 janvier dernier, la Société nationale des transports ferroviaires (SNTF) déplorait en décembre 2020 la perte de 30 millions de voyageurs sur une capacité de 40 millions depuis le 22 mars 2020, date de mise en application du confinement sanitaire.
Compte tenu des restrictions dictées par le protocole de lutte anti-Covid, qui implique une réduction du nombre de passagers par voiture et par train, cet écart de fréquentation ne serait pas rattrapé durant cette année 2021. L’entreprise devrait parier sur le transport des marchandises qui lui a permis de maintenir ses activités et limiter un préjudice financier également alourdi par les actes de malveillance perpétrés contre ses équipements.
Dans un entretien accordé récemment à El Watan, le directeur de la communication de l’entreprise Djamel Chalal a précisé que «les actes de malveillance ont coûté à la société plus de 103,5 millions de dinars en 2019». Ce chiffre a augmenté en 2020 pour atteindre 144,5 millions de dinars, a-t-il ajouté.
Le «plan stratégique» concernerait l’extension du réseau «passagers» et «marchandises» sur les régions des Hauts-Plateaux avec l’ouverture de lignes Bouguezoul-Tissemsilt, dont les essais sont en cours depuis le 29 janvier, et de Tiaret-Saïda notamment ainsi qu’au niveau des grandes zones industrielles et minières.
Ce plan porterait également sur la recherche «préalable» d’un climat social apaisé au sein de l’entreprise et du règlement des conflits sociaux et syndicaux «dans le cadre du dialogue (…), de la loi et de la responsabilité qui placent l’intérêt de la société et sa pérennité au-dessus de toute autre considération».
La solution à ces conflits, dont on a un aperçu à la lecture des pages facebook attribuées à des groupes de cheminots – retard de paiement de primes, dégradation des relations entre le personnel et des dirigeants dans les gares et structures de l’entreprise – passe par la levée des «insuffisances relevées» et «l’amélioration du rendement de la SNTF et de sa situation financière», affirme le Directeur général intérimaire.
Depuis sa désignation à ce poste, le 9 septembre 2020, Karim Ayache a lancé un audit interne à toutes les directions et services de l’entreprise. L’opération a montré «beaucoup d’insuffisances et de dépassements que l’administration tente de traiter, conformément à la loi et aux exigences de la responsabilité envers les travailleurs et la société». Le «plan stratégique» de relance, qu’il a annoncé, est élaboré à partir des conclusions de l’audit effectué et où il est relevé «des insuffisances» de gestion et d’exploitation.