Le transport estudiantin, créneau lucratif monopolisé par l’entreprise de Mahieddine Tahkout en prison, prépare sa mue qui ne saurait tarder si l’on se fie à l’appel d’offres national lancé, depuis hier, par l’Office national des œuvres universitaires, sous l’égide du ministère de l’enseignement supérieur.

Cet appel d’offres prépare ainsi un nouveau nom du transport universitaire parmi les potentiels soumissionnaires pour succéder à Tahkout dont le nom est associé au règne de Bouteflika et dont l’obtention du marché, accompagné depuis des années de soupçons, a fait l’objet de poursuites judiciaires.
L’entreprise qui succédera à celle de Tahkout débutera son activité, selon toute vraisemblance, à partit du 1er janvier 2021, soit au lendemain de l’expiration de la convention en cours.
L’on peut apprendre, à travers l’appel d’offres, qu’il s’agit bien d’un marché juteux qui ne manquera pas d’aiguiser des appétits et des convoitises et qui est censé mettre en activité environ 800 bus rien que pour la capitale.
En effet, l’appel d’offres énonce un besoin en 463 bus (18 lots) pour assurer le transport des étudiants en mode urbain à travers tous les facultés et les résidences universitaires situées à Alger.
Pour l’autre segment de l’activité, à savoir le transport des étudiants en mode suburbain (Boumerdes, Blida, Tipaza), le besoin est estimé à 213 bus, répartis sur une dizaine de lots. Les termes de l’appel d’offres invitent à lire une sorte de rupture avec le contexte dans lequel Tahkout avait bénéficié d’une situation de monopole grâce à ses appuis dans les cercles de la décision politique.
«Les soumissionnaires intéressés peuvent soumissionner pour un ou plusieurs lots, proposant les moyens humains et véhicules propres à chaque lot», peut-on lire dans l’appel paru dans la presse nationale.
Les soumissionnaires doivent aussi répondre aux capacités techniques exigées. Il est ainsi fait obligation aux candidats de posséder des véhicules dédiés au transport public de voyageurs (autobus, autocars) dont le nombre ne peut être inférieur au nombre exigé pour chaque lot.
Les véhicules proposés doivent être de type «autocars» pour le mode suburbain dont la capacité exigée est de 49 sièges (places assises) et de type «autobus» pour le mode urbain dont la capacité minimale exigée est de 70 passagers, est-il précisée dans l’appel d’offres.
Dans le même registre, il est indiqué que l’âge des véhicules proposés ne doit pas dépasser 15 ans de mise en circulation au 31 décembre 2020, alors que le soumissionnaire doit détenir au moins un bus de réserve pour chaque lot.
S’agissant des capacités financières, le candidat est tenu d’avoir réalisé au moins un chiffre d’affaires moyen de 40 millions de dinars durant les trois années, précisant que ce montant est exigé pour chaque lot soumissionné pour le mode urbain. Il est exigé également du soumissionnaire d’avoir réalisé au moins un chiffre d’affaires moyen de 36 millions de dinars durant les 3 dernières années, un montant exigé pour chaque lot soumissionné pour le mode suburbain. Le procès en appel de Mahieddine Tahkout est prévu ce mercredi 21 alors qu’il devait se tenir le 30 septembre dernier, mais il a dû être reporté suite à la grève des avocats. Mahieddine Tahkout a été condamné en première instance à une peine de 16 ans de prison ferme, assortie d’une amende de 8.000.000 DA, pour des chefs d’accusation liés à la corruption, au blanchiment d’argent et à l’obtention d’indus privilèges. D’anciens cadres et ministres, dont les anciens Premiers ministres Ahmed Ouyahia et Abdelmalek Sellal, sont également poursuivis dans la même affaire.