Le tarif du fret à l’international des conteneurs par voie maritime va connaître une majoration importante. Ainsi, ont décidé les armateurs dans le but d’amortir les nouvelles taxes qui vont être imposées à leur activité. «Une augmentation de l’ordre de 250 dollars

par conteneur transporté augmentera encore plus le cours du fret maritime chez nous, qui est déjà assez élevé», a indiqué, hier, Hassen Yala, expert maritime et consultant dans le domaine du fret portuaire. Ce dernier animait, hier, une conférence de présentation du prochain Salon international du transport et de la logistique (Logistical), prévu du 26 au 29 novembre 2018 au Palais des expositions des Pins-Maritimes (Alger). «Les importateurs ne vont, de ce fait, pas hésité à répercuter cette augmentation du coût du fret sur leurs prix de vente aux grossistes et, au final, sur les détaillants», soulignera-t-il. En somme, tous les produits importés pourraient connaître une hausse de prix à partir du mois de janvier prochain. S’exprimant sur la tarification élevée du fret des conteneurs à destination de nos ports, pratiquée par les armateurs, le conférencier juge qu’«elle est surtout due au fait que les propriétaires des porte-conteneurs ne s’accommodent pas du long délai de débarquement des conteneurs dans nos ports et du coup n’ont d’autre alternative que d’augmenter leur tarif quand il s’agit de fret à destination de l’Algérie». Et de préciser que dans nos ports «14 conteneurs sont débarqués par heure alors que sous d’autres cieux, on arrive à plus de 100 conteneurs par heure. Les délais sont trop longs chez nous. Cela n’arrange guère les armateurs, qui trouvent donc tout à fait légitime d’augmenter leurs tarifs pour la destination Algérie. Par ailleurs, ils jugent utile d’augmenter la caution qui pourrait passer à 500 dollars au lieu de 300 dollars par conteneur actuellement».

On apprendra, à titre d’exemple, que «le fret d’un conteneur de Marseille à Tanger revient à son propriétaire à 300 euros, alors que de Marseille à Alger le tarif est fixé à 600 euros». Un écart qui ne peut pas laisser indifférent. Pour Hassan Yala, cet écart peut être réduit «pour peu qu’on introduise des méthodes de travail modernes». Et de déplorer dans ce sens qu’«on continue de fonctionner dans nos ports avec des standards qui n’ont pas été mis à jour depuis au moins vingt ans». Devant cet état des lieux, l’expert suggère la mise en œuvre d’une stratégie nationale du transport maritime. C’est d’autant plus nécessaire au vu du nombre de conteneurs qui arrivent au pays. En 2017, il a été
comptabilisé le débarquement de
1 800 000 conteneurs et le retour de 900 000. Toujours à propos de l’urgence qu’il y a à mettre en place une stratégie pour rendre nos ports plus efficaces en matière de délais de traitement des conteneurs, le conférencier a averti : «Tant que nos délais de traitement seront en deçà de ce qui se fait ailleurs, nous allons continuer à subir le diktat des armateurs. Lesquels sont encore plus forts depuis qu’ils travaillent en parfaite coordination. Une alliance qui impose ses règles.» Farid Hassen Yala a, par ailleurs, tenu à faire savoir qu’actuellement, on ne construit que de très grands porte-conteneurs. «Ce qui revient à dire que le marché du fret maritime va encore être plus sélectif en termes de choix de ports de destination et donc seuls les ports aménagés pourront réceptionner ces grands bateaux». A ce titre, le port de Djen Djen et le futur grand port du centre vont, certainement, être grandement sollicités par les grands armateurs. Il faut encore souligner qu’avec l’arrivée de grands porte-conteneurs, les principales routes commerciales maritimes vont connaître une hausse conséquente du taux de fréquentation. «C’est tout à l’avantage de l’Algérie, du fait qu’elle se trouve sur l’un des grands axes du transport maritime. Avec le futur grand port du centre du pays, nous allons pouvoir entrer en compétition avec les ports étrangers dans le traitement des grands porte-conteneurs», soulignera-t-il. L’expert est revenu sur l’intérêt à ce que les ports algériens adoptent les règles de compétitivité «pour, au moins, amener les armateurs à revoir leurs tarifs à la baisse». <