Lundi 18 octobre, le gouvernement a lancé officiellement, au siège du ministère de la Transition énergétique et des Energies renouvelables, le projet de conversion de 150 000 véhicules au GPL (GPLc).

Par Salim Benour
Le chef de file de cette opération est l’Agence nationale pour la promotion et la rationalisation de l’utilisation de l’énergie (Aprue), qui dépend, depuis moins d’une année, du ministère de ce ministère. Son objectif est de faire passer 150 000 véhicules, dont 50 000 taxis, qui roulent actuellement à l’essence sans plomb ou au diesel, au GPLc. Son enjeu est triple, il est à la fois économique pour faire baisser la facture d’importation des carburants et écologique pour «décarboner» le parc roulant dans notre pays et développer une industrie locale de fabrication des réservoirs pour la conversion au GPLc.
Le financement de ce projet de conversion sera assuré par l’Etat à travers le Fonds national de l’efficacité énergétique des énergies renouvelables et la cogénération (FNEEERC) à hauteur de 4,55 milliards de dinars. Il couvrira les 50% de réduction des frais de fourniture et d’installation des kits GPLc décidés par le gouvernement pour encourager les particuliers (100 000) et les chauffeurs de taxi (50 000) à s’équiper de kit GPLC. Le montant mobilisé par le Fonds sera reversé aux 850 centres de conversion de kits GPLc actuellement opérationnels dans le pays, dont 50 d’entre eux appartiennent au distributeur public de carburant Naftal et les 800 autres au domaine privé.
Grâce à cet engagement financier de l’Etat de réduire de 50% les frais d’installation via l’Aprue, le particulier ou le chauffeur de taxi voulant passer au GPLc devra débourser la somme de 30 000 à 35 000 DA, selon la capacité du réservoir et la qualité des équipements. Le programme de conversion s’étalera sur une année et servira de test pour les actions envisagées à court et à moyen termes en ce qui concerne l’abandon des carburants conventionnels pour les véhicules légers en priorité.
Le GPLc est le carburant le moins cher sur le marché algérien avec 9 dinars le litre. Outre l’exonération de la vignette automobile, ses utilisateurs bénéficieront d’un gain financier de l’ordre de 90 000 dinars par an pour un parcours de 25 000 km, selon les estimations de l’Aprue. Sa généralisation devrait contribuer à la création d’une petite industrie que le gouvernement compte soutenir à travers les actions envisagées par le ministère délégué auprès du Premier ministère chargé des Micro-entreprises. Présent à la cérémonie de lancement du projet, le ministère délégué à ce secteur, Nassim Diafat, a ainsi annoncé que les entreprises Anade (ex-Ansej) d’installation de kits GPLc pourront bénéficier d’un prêt non rémunéré d’un montant de 1 million de dinars afin de leur permettre d’honorer les commandes.
Pour s’assurer du succès de l’opération de conversion des 150 000 véhicules prévus, l’Aprue a annoncé le lancement prochain d’une campagne de communication pour inciter les usagers à s’équiper de kit GPLc. L’Agence rappelle qu’avec 31,7 % de la consommation finale, le secteur du transport représente un enjeu «stratégique» dans le programme national de maîtrise des énergie en raison des possibilités offertes dans ce secteur pour la substitution des carburants classiques (essence et gasoil) par les carburants gazeux tels que le GNC et le GPL et en mettant en place un environnement favorable pour le développement des véhicules. «La substitution énergétique par le développement des carburants les moins polluants et les plus disponibles est aujourd’hui une nécessité tant sur le plan économique que sur le plan environnemental», souligne-t-elle.

bon à savoir
Les chauffeurs de taxi qui souhaitent s’équiper de kit GPLc pour leurs véhicules pourront s’inscrire sur la plateforme numérique élaborée par l’Aprue, accessible sur son site web. Ils peuvent choisir un installateur parmi ceux qui sont répertoriés sur cette plateforme et obtenir un rendez-vous, indique-t-on à l’Aprue. L’installateur leur remettra une procuration qu’ils devront remplir puis légaliser au niveau de l’APC afin de permettre à l’installateur de récupérer les 50% de la valeur de sa prestation, pris en charge par le FNEEERC.
Selon le ministre des Transports, Aïssa Bekkai, qui était présent à la cérémonie de lancement du programme de conversion au GPL, le «défi» est de s’attaquer «graduellement» au phénomène de la pollution en «modernisant les systèmes de transport intelligents respectueux de l’environnement».
Il est à signaler que les chauffeurs de taxis, qui utilisent déjà massivement le carburant GPL, souhaitent que la capacité des réservoirs soit revue à la hausse pour atteindre les 80 litres, afin de permettre aux taxis assurant le transport inter-wilayas de s’approvisionner une seule fois pour l’ensemble de leur trajet et éviter les longues files d’attente dans les stations de services.