Le patron d’Air Algérie, Bakhouche Alleche, n’a pas été évasif sur la situation financière de l’entreprise publique de transport aérien fortement impactée par la crise sanitaire qui a imposé la suspension depuis plusieurs mois de l’espace aérien.
«Nous traversons actuellement une crise sans précédent, l’ensemble de la chaîne du voyage a été sévèrement impacté par la Covid-19 et ne génère plus pratiquement aucun chiffre d’affaires», a indiqué M. Alleche lors de la signature samedi d’une convention-cadre entre Air Algérie et d’autres acteurs du tourisme.
Ce cri d’alerte du premier responsable de la compagnie aérienne n’est pas sans rappeler l’indication déjà fournie, début juillet, et selon laquelle la suspension du trafic aérien algérien depuis la mi-mars, en raison de la propagation de la pandémie du coronavirus dans le monde, a déjà engendré pour Air Algérie un manque à gagner de 38 milliards de DA sur le chiffre d’affaires des vols passagers.
Ce montant peut atteindre les 89 milliards de DA d’ici à la fin de l’année, selon ce qu’avait relevé alors le porte-parole de la compagnie, Amine Andaloussi.
«Les experts estiment que tout ce qu’ont subi les compagnies aériennes mondiales jusqu’à présent n’est qu’un premier choc. Ces compagnies vont subir un deuxième choc, qui sera plus dur, celui de la faiblesse des flux des passagers après la reprise», avait alors souligné M. Andaloussi.
Par ailleurs, M. Alleche a eu à répondre à une question qui évoquait la cherté des billets d’avion d’Air Algérie. Une question-constat qui n’a pas semblé être approuvée comme l’atteste sa réponse par la négative. «Les billets d’Air Algérie ne sont pas chers, n’en déplaise à beaucoup !», a-t-il réagi soutenant que «les professionnels du tourisme et du voyage savent faire la part des choses».
Mieux encore, M. Alleche s’est montré offensif sur ce point. « Je m’inscris en faux contre cette idée qui est par ailleurs répétée à satiété et qu’il va falloir se débarrasser», a répondu Alleche dans ce qui s’apparente une mise au point aux voix qui se plaignent régulièrement, y compris au sein de la diaspora, des tarifs jugés excessifs de la billetterie de la compagnie publique.
A propos de l’éventuelle reprise des vols, le P-DG d’Algérie a indiqué, une nouvelle fois, que cela «dépend d’une décision des pouvoirs publics». «Nous aimerions bien reprendre l’activité, mais il y a des impératifs de santé publique», a déclaré, par la même occasion, Bakhouche Alleche, qui a tenu à dire que la décision ne dépend pas de lui en particulier ou de la compagnie, mais une décision que seules les hautes autorités de l’État peuvent prendre.
«Air Algérie est prête à reprendre les vols internationaux dès qu’un feu vert sera émis par les pouvoirs publics», a-t-il ajouté.
Il faut noter qu’Air Algérie avait présenté, il y a deux mois, son plan post-confinement portant sur la mise en navigabilité de sa flotte d’avions en prévision de la reprise des vols attendue après la levée des mesures de confinement.
Il s’agit d’un plan qui a été conçu et développé par des experts et des techniciens de la compagnie nationale et qui comprend plusieurs mesures de sécurité et de protection permettant la relance de l’activité de la compagnie aérienne.
Il consiste notamment en des protections spécifiques appliquées aux avions en état d’arrêt, le lancement des travaux redevables selon le manuel des avions ainsi que le lancement d’inspection et de vérification avant la mise en service.
Pour ce qui est de la protection de la cabine contre le COVID-19, les techniciens de la compagnie aérienne ont assuré que l’air de la cabine est filtré contre les particules, bactéries et virus avec une efficacité de 99,99%, et ce, grâce à des filtres de haute protection équipant les avions fabriqués par le constructeur américain Boeing et l’européen Airbus. n