En raison de la pandémie mondiale de la Covid-19, qui a plombé le transport aérien et cloué les avions au sol, les compagnies pourraient subir plus de 84 milliards de dollars de pertes nettes lors de leur exercice 2020 et plus de 15 milliards encore en 2021.

En termes de chiffre d’affaires, l’Association internationale du transport aérien (Iata) a évalué le manque à gagner cette année à 419 milliards de dollars. Elle demande aux gouvernements «de continuer à apporter des mesures de soulagement» et des aides sur les salaires et les taxes au secteur, affecté par la crise du nouveau coronavirus. Dans ses prévisions, également, l’Iata, qui regroupe 290 compagnies aériennes, reste très prudente sur les perspectives de redémarrage du secteur. Il y a un mois, le 16 mai dernier, l’Association avertissait que le transport aérien ne devrait pas retrouver son niveau de trafic d’avant-crise avant 2023. Elle indiquait que la reprise sera lente et débutera sur les liaisons domestiques avant celles de l’international davantage soumises aux restrictions sanitaires instaurées par les Etats et gouvernements. Hier, elle a fourni, suivant une enquête menée au début du mois de juin, une nouvelle indication selon laquelle les contraintes à la relance du secteur viendront des clients des compagnies eux-mêmes et de la prudence des voyageurs à reprendre l’avion dans le contexte de crainte persistante face à la menace du nouveau coronavirus. D’après cette enquête, 45% des voyageurs interrogés ont exprimé leur intention de reprendre l’avion dans les premiers mois suivant la fin de la crise de la Covid-19, contre 61% en avril. Un taux de 36% des personnes interrogées ont préféré temporiser jusqu’à 6 mois pour reprendre l’avion contre 21% en avril. Pour l’association, ces chiffres démontrent «une plus grande prudence des voyageurs» par rapport au mois d’avril, ajoutant qu’en juin, les réservations ont été en baisse de 82% par rapport au même mois de l’an dernier. Selon l’Iata, les passagers font leur réservation peu de temps avant leur voyage. Ainsi 41% des réservations faites en mai concernaient des voyages dans les trois jours, contre 18% en mai 2019. «Les chiffres vont dans le bon sens, mais en aucun cas vers des niveaux d’activités normaux», a souligné son Directeur général Alexandre de Juniac, au lendemain de l’ouverture des frontières en Europe. Les mesures de quarantaine – comme à l’arrivée au Royaume-Uni – sont un «frein majeur» aux voyages, a estimé M. de Juniac. Face à une saison hivernale (novembre à mars) qui s’annonce «rude», l’organisation demande la prolongation de la mesure d’assouplissement temporaire des règles sur les créneaux aéroportuaires afin d’éviter les vols à vide, accordée par la Commission européenne pour la saison estivale, d’avril à octobre. Ces règles obligent normalement les compagnies à utiliser au moins 80% des créneaux horaires qui leur sont attribués dans les aéroports, faute de quoi elles perdent leurs droits la saison suivante.<