Comme annoncé dans notre édition de lundi dernier, Bakhouche Allèche a été désigné nouveau Directeur général par intérim de la compagnie aérienne nationale Air Algérie en remplacement de Mohamed Abdou Bouderbala, appelé à d’autres fonctions.

Le nouveau patron de la compagnie nationale a été installé à ce poste, jeudi en fin de matinée, à l’issue d’une session extraordinaire de l’Assemblée générale d’Air Algérie, qui a été présidée par le ministre des Travaux publics et des Transports, Boudjemaa Talai, en présence du ministre des Finances, Hadji Baba Ammi, et d’un représentant du ministère de l’Industrie et des Mines. Un remplacement pressenti depuis plusieurs jours déjà. Mais il semblerait que la goutte qui a fait déborder le vase est la visite inopinée du ministre du secteur au pôle maintenance de la compagnie nationale au début de la semaine dernière. Une visite où Talai a été «choqué» par l’absentéisme des employés, mais également des défaillances techniques et structurelles constatées. Deux jours après sa visite, Boudjemaâ Talai avait annoncé que son département allait sévir pour faire payer les coupables de tout ce qui se passe dans les couloirs d’Air Algérie. Le ministre avait axé sa conférence sur les recrutements anarchiques constatés lors de sa visite inopinée du pôle maintenance de la compagnie nationale et les incidents récurrents qui affectent les aéronefs d’Air Algérie, dont celui de l’ATR, qui a perdu son train d’atterrissage à Oued Souf, la semaine dernière. Talai a affirmé à ce propos que la compagnie nationale ne devrait pas «recruter de pilotes ou de mécanicien d’avion n’importe comment. Ce sont des métiers à risques qui sont régis par des lois strictes et universelles (…). Ces métiers exigent des niveaux universitaires qui doivent être respectés, sinon des sanctions seront prises à l’encontre des personnes à l’origine de ces recrutements», a-t-il révélé. Il dira également que lors d’un crash, c’est le drapeau algérien qui est en jeu, faisant allusion aux défaillances que connaît la compagnie Air Algérie. En ce qui concerne la sortie de piste de l’ATR à Oued Souf, Talai dira que «l’enquête est en cours et on attend les résultats pour tout vous dire dans la transparence. Nous n’avons pas le droit de cacher quoi que ce soit lorsqu’il s’agit de la sécurité de la vie humaine», faisant référence aux dossiers épineux qui secouent actuellement Air Algérie. Bakhouche Allèche a commencé sa carrière en 1975 au sein de cette compagnie aérienne comme pilote puis, commandant de bord. Il y a également exercé notamment comme instructeur de pilotes, directeur-adjoint de la formation, directeur des opérations aériennes, directeur de la division exploitation et adjoint du P-DG d’Air Algérie. Toutefois, la question qui se pose maintenant est pourquoi avoir nommé un patron intérimaire ? Est-ce une indication pour dire que la compagnie connaît une mauvaise passe ? C’est probablement le cas puisque les premières paroles du P-DG par intérim dès son installation le confirment. En effet, Bakhouche Allèche prône la nécessité d’instaurer un dialogue «franc, sincère et continu» au sein de cette compagnie aérienne nationale pour travailler dans un «climat serein». «Il faut instaurer un dialogue franc, sincère et continu pour essayer de travailler dans un climat serein, puis tracer une feuille de route avec les partenaires sociaux afin d’éviter au maximum les perturbations que peut vivre une entreprise», a-t-il indiqué à l’issue de la cérémonie de son installation.
Il a également fait savoir qu’il procédera d’abord à une évaluation du plan opérationnel à moyen terme (PMTE) 2013-2017 de cette compagnie publique, en cours d’exécution, pour lui permettre de «voir d’abord ce qui a été réalisé sur ce plan, et voir par la suite comment procéder selon l’avancement des différents dossiers». Selon lui, il y aura prochainement une rencontre avec le ministre des Travaux publics et des Transports, Boudjemaa Talai, ainsi qu’avec les cadres de l’entreprise «pour tracer la feuille de route d’orientation générale». Cette feuille de route prendra en compte «les objectifs des pouvoirs publics et les recommandations des cadres de l’entreprise». Elle sera appliquée par la nouvelle direction «pour le redressement de l’entreprise». Il a ajouté dans ce sens qu’avec la collaboration de tous les travailleurs d’Air Algérie, il «ne ménagera aucun effort» pour honorer la confiance des pouvoirs publics et «apporter un plus» à la compagnie.
En plus de la désignation de M. Alleche au poste de Directeur général par intérim, le conseil d’administration d’Air Algérie a également élu son nouveau président en la personne d’Achour Abboud, membre de ce conseil et P-DG de la Banque nationale d’Algérie (BNA).

 

Bouderbala, membre du prochain gouvernement ?
Certains diront que son départ est lié à son différend avec le ministre des Transports et des Travaux publics, Boudjemaâ Talai. D’autres pensent qu’il n’a pas su gérer la crise que connaît la compagnie nationale Air Algérie depuis des années. Mohamed Abdou Bouderbala a été remplacé jeudi dernier par Bekhouche Allèche, ancien commandant de bord de la compagnie aérienne.
L’ancien patron des Douanes «a été appelé à d’autres fonctions», selon le communiqué d’Air Algérie à l’issue de l’assemblée générale du conseil d’administration qui s’est tenue jeudi dernier. Par ailleurs, selon une source généralement bien informée, Bouderbala est pressenti pour occuper un poste au sein du prochain gouvernement. On avance le poste du commerce pour le juriste de formation en remplacement du défunt Bakhti Belaïb. Ancien directeur de la Direction générale des impôts (DGI), titulaire d’un doctorat en droit de Panthéon-Sorbonne (Paris I), Bouderbala s’est ensuite spécialisé dans les finances en dirigeant la Direction de la législation fiscale, DLF.