Les compagnies aériennes replongent dans le désarroi sous l’impact de la seconde vague de la Covid-19 et des mesures sanitaires qui affectent le secteur. Après s’être relevé un tant soit peu, en été, le transport aérien est en train de revenir à la situation dans laquelle il se trouvait durant le printemps dernier. Son manque à gagner voit ses chiffres progresser, obligeant les gouvernements à redoubler d’efforts financiers pour venir en aide aux entreprises du secteur, dont certaines encourent même le risque de faillite.

En effet, les 160 milliards de dollars (mds usd) déjà reçus ne suffisent plus à ces compagnies, et il faudra entre 70 à 80 mds usd supplémentaires de la part des gouvernements pour leur assurer la survie au coronavirus, a affirmé Alexandre de Juniac, Directeur général de l’Association internationale du transport aérien (Iata), au journal La Tribune. «Sinon des compagnies ne survivront pas», a-t-il relevé dans un entretien à l’occasion du «Paris Air Forum», une rencontre dédiée au transport aérien.
Ces compagnies sont estimées à «près de 40» par M. de Juniac, et plus la crise dure, plus les risques de faillites se précisent» pour elles, alerte-t-il, expliquant qu’elles se trouvent «en très grande difficulté ou en procédure de sauvegarde ou de faillite».
Avec l’émergence de la deuxième vague de coronavirus, le trafic peine à redémarrer et les compagnies vont continuer à enregistrer des pertes. Il est même probable qu’elles approchent cette année «les 100 milliards plutôt que les 87 milliards annoncés précédemment», poursuit le même responsable dont l’association regroupe 290 compagnies dans le monde.
C’est donc dans cette position d’étouffement financier et de crise sans précédent que les compagnies aériennes tiennent leur assemblée générale à partir de demain, par visioconférence, sous la houlette d’une Iata plus préoccupée plus que jamais auparavant et qui s’attend à une baisse de 66% du trafic aérien sur toute l’année 2020. Quant au retour au niveau de 2019, il n’aura pas lieu avant 2024, prévoit aussi la même source, qui a basé ses estimations sur l’arrivée d’un vaccin anti-Covid-19 à l’été 2021.
Côté chiffre d’affaires, l’association s’attend à 419 milliards de dollars pour l’année en cours, en baisse de moitié par rapport à 2019, alors que les pertes se chiffreront à près de 100 mds usd, ajoute-t-elle.
Par ailleurs, ce sont des dizaines de milliers d’emplois qui ont déjà été supprimés par les compagnies et, selon un sondage réalisé par l’Iata en octobre, 59% des entreprises interrogées envisagent de nouvelles coupes dans les douze mois à venir. Sur ce registre précis, Airlines for America, la fédération représentant les compagnies aériennes américaines, a estimé que les sociétés du secteur allaient supprimer au total 90 000 emplois entre mars et décembre. «Pour atteindre le niveau de productivité des dernières années, il faudrait réduire le nombre d’emplois de 40%», estime l’Iata. <