A partir d’hier, et à la faveur de la création, par l’Union africaine, du SAATM, les compagnies aériennes africaines signataires peuvent accéder librement à tous les pays inclus dans ce marché unique et ne dépendent plus d’accords bilatéraux, existant ou pas, pour y accéder.

C’est principalement l’intérêt d’avoir libéralisé le marché africain du transport aérien en le rendant « unique » à 23 pays du continent. Lors d’une cérémonie au siège de l’UA, dans la capitale Addis-Abeba, une stèle célébrant « l’établissement » de ce marché unique (SAATM) a été inaugurée, notamment en présence du président de la Commission de l’UA Moussa Faki, et du président de l’UA, le chef d’Etat rwandais Paul Kagame.
Les autorités africaines espèrent qu’une plus grande compétitivité permettra d’augmenter le nombre de connexions aériennes directes entre pays africains et de faire baisser leur prix, d’autant qu’une étude de la Banque mondiale regrettait que « de nombreux pays africains limitent l’accès à leurs marchés des services aériens afin de protéger la part des compagnies aériennes possédées par les Etats». Dès lors, le transport aérien entre pays africains est principalement régi par des accords bilatéraux – relativement peu nombreux -, une pratique héritée de l’époque à laquelle les compagnies aériennes des pays africains fraîchement indépendants reliaient avant tout l’ancienne puissance coloniale.
Toutefois, tous les pays africains ne sont pas inclus dans ce marché unique. Pour l’instant, seuls le Bénin, Botswana, Burkina Faso, Cap Vert, République du Congo, Côte d’Ivoire, Egypte, Ethiopie, Gabon, Ghana, Guinée, Kenya, Libéria, Mali, Mozambique, Niger, Nigeria, Rwanda, Sierra Leone, Afrique du Sud, Swaziland, Togo et Zimbabwe, ont accepté d’y prendre part. Il y a lieu de savoir que l’établissement de ce marché unique est un des projets phares du vaste programme de transformation de l’Afrique baptisé « Agenda 2063».
Dimanche, M. Kagame avait souligné que les travaux pour la mise en œuvre prochaine de deux autres grands projets économiques sont en cours : la création d’une zone de libre-échange africaine, ainsi que la liberté de mouvement pour les citoyens africains sur le continent grâce à un passeport africain.