Par Bouzid Chalabi
Pour le ministre de la Transition énergétique et des Energies renouvelables le Pr Chems-Eddine Chitour, il n’y a plus lieu de tergiverser sur les voies et moyens à mettre en place pour rendre effective la transition énergétique (ET) du pays «à partir du moment où ce n’est pas une mode mais une stricte nécessité». Ce dernier s’exprimait lors de la 25e journée de l’énergie, la Transition énergétique et le développement durable, qui s’est tenue hier au siège du ministère de l’Energie en présence également des ministres de l’Enseignement supérieur, des Ressources en eau et une pléiade d’étudiants du département de génie chimique de l’Ecole nationale polytechnique d’Alger. Le professeur a, par ailleurs, mis en exergue tout au long de son discours inaugural de cette journée de l’énergie «l’intérêt de sortir le pays de l’addiction aux énergies fossiles. C’est en soi un enjeu vital car le pays est condamné à aller vers un monde futur, celui des ENR» et «c’est cela son atout majeur car disposant de tout le potentiel requis dans cette perspective», a-t-il martelé. Poursuivant dans ce sens, «l’Algérie est capable de relever le défi énergétique auquel elle fait face et s’en servir comme base de développement, à condition que toutes les parties concernées s’impliquent davantage dans cette option des plus stratégiques». Dans cet ordre d’idées, Chitour juge que l’Université algérienne a un rôle important à jouer. «C’est dans cet esprit que nous avons convié des étudiants de l’Ecole nationale polytechnique à participer à la 25e journée de l’énergie», a-t-il indiqué. Ajoutant : «L’enseignement supérieur est le meilleur garant pour réussir notre transition énergétique dès lors où un grand ensemble de nos étudiants nourrissent le rêve de contribuer à l’édifice d’une Algérie nouvelle, notamment dans les domaines à forte valeur ajoutée, entre autres les ENR». Il rappellera à l’assistance que dans le programme du Président de la République, le développement des ENR est considéré comme une priorité absolue. «En témoigne, le Chef de l’Etat a ordonné lors du dernier Conseil des ministres la mise en exécution dans les plus brefs délais du projet des 1000 MGW», a-t-il soutenu.
L’hydrogène pour remplacer le gaz en 2030
Par la suite, le ministre des EnR s’est prononcé sur le sujet qui lui tient à cœur, tant il insiste chaque fois que l’occasion lui est offerte d’exposer de fort belle manière l’intérêt pour le pays de la mise en exploitation de l’hydrogène vert. En effet, le professeur a affirmé que «l’hydrogène sera le gaz naturel de l’Algérie à partir de 2030», tout en insistant sur l’impératif de commencer à concrétiser ce chantier «maintenant», mentionnant qu’il y a une «révolution à entreprendre» et que «l’Algérie devra être en phase avec la réalité et ne plus être dépassée par les évènements». Et de préciser dans la foulée : «Nous ne sommes pas en retard dans le domaine de l’hydrogène vert, contrairement à l’énergie solaire, où nous accusons des années de retard pour les raisons que tout le monde connaît.» Toujours à propos de l’hydrogène, Chitour a énuméré, en outre, les nombreuses utilisations de l’hydrogène dans la pétrochimie verte, s’attardant surtout sur les piles à combustible qui font marcher les véhicules. Sur ce dernier point, il a évoqué enfin le basculement qui est en train de s’opérer dans le domaine de l’industrie automobile qui «va se traduire dans quelques années par l’abandon total des moteurs thermiques pour être remplacé par des moteurs fonctionnant avec des piles à combustibles. Dans cette optique, le professeur lance : «Le pays se doit dès à présent de s’y préparer.»
Interrogé en marge de la journée de l’énergie au sujet de l’importation prochaine de véhicules équipés de moteurs électriques et si, en parallèle, des bornes électriques seront mises en place au niveau des stations-services, Chitour a expliqué que son département travaille en étroite collaboration avec le ministre de l’Industrie afin de procéder à la mise en place de bornes électriques au niveau des stations-services. Comme il a fait savoir enfin : «Nous sommes en pourparlers avancés avec des industriels de la wilaya de Béjaïa, afin de parvenir à un contrat pour l’équipement de bornes dans certaines stations-services au titre d’une opération pilote.» <