Pour assurer sa transition énergétique, l’Algérie doit élaborer une stratégie efficiente en diminuant progressivement l’utilisation des énergies conventionnelles et en développant l’utilisation des énergies nouvelles et renouvelables, a affirmé le ministre de la Transition énergétique et des Energies renouvelables, le Pr Ziane Benattou.

Dans ce sens, son département est en train d’élaborer un projet de loi, dont la première mouture devrait être prête en septembre prochain. «Tous les efforts sont concentrés sur la préparation d’un premier draft sur la loi et le modèle énergétique qui sera prêt d’ici le mois de septembre», a-t-il indiqué, lundi, lors de son passage à la Radio nationale. Pour la confection du texte qui devra régir cette transition, «le ministère de la Transition énergétique et des Energies renouvelables a associé différents autres secteurs avec lesquels il travaille en étroite collaboration», a-t-il ajouté. Pour assurer le passage plus ou moins aisé à l’utilisation des énergies renouvelables, le Pr Benattou a expliqué qu’il faut opter actuellement pour «une consommation rationnelle des énergies fossiles». «L’orientation doit se faire sur l’économie de 30 à 40% de notre consommation à l’horizon 2030», a-t-il souligné, en mettant l’accent sur «la nécessité d’élaborer une stratégie efficiente», notamment par la mise en place de l’efficacité énergétique, l’isolation thermique, l’éclairage performant et l’utilisation du transport électrique.
Notant qu’«une stratégie de transition énergétique à moyen terme est en vigueur», il n’a pas manqué de rappeler le grand potentiel de l’Algérie en matière d’énergies renouvelables, estimé à «450 000 KWh entre le solaire, l’éolien et le thermique». En matière de solaire, l’Algérie compte sur le grand projet de production de 1000 mégawatts en énergie solaire photovoltaïque dénommé Solar 1000 MW. Un projet qui présente un certain retard et qui est dans l’attente de l’ouverture des plis des offres techniques et financières pour connaître les entreprises soumissionnaires qui seront retenues. En effet, l’ouverture des plis a été reportée à deux reprises. Prévue initialement pour le 30 avril, elle a été décalée au 15 juin. Pour l’heure, aucune autre date n’a encore été avancée, la société Shaems, en charge de ce dossier, ayant indiqué que la décision de prorogation de délai a été prise suite à «la demande des investisseurs nationaux et internationaux voulant soumissionner au projet Solar 1000 MW et souhaitant approfondir leurs études techniques et financières». Les experts en matière de transition énergétique ont récemment mis en relief la nécessité de hâter cette transition, d’autant plus que le développement des énergies renouvelables dans le pays est un projet qui date de plus d’une vingtaine d’années sans voir le bout du tunnel. En outre, le développement de ces énergies, dont l’utilisation reste très faible avec seulement 1% de la consommation globale malgré l’immense potentiel, pourrait assurer au pays sa consommation énergétique interne et augmenter ses capacités d’exportations vers le continent européen, de l’avis des experts. Ces derniers évoquent également le développement de l’hydrogène vert comme énergie du futur pouvant être développée en Algérie pour être utilisée en consommation interne et également être exportée. Dans le cas où la transition énergétique venait à être encore repoussée, les conséquences seraient désastreuses, selon une récente étude qui a placé la transition énergétique au rang de garant de la sécurité énergétique de l’Algérie.