Hier matin, au terme de l’intervention inaugurale du ministre de l’Energie Mustapha Guitouni, le premier panel a eu pour thème «les compagnies pétrolières dans l’âge de la transition énergétique : enjeux et perspectives».

En présence notamment du P-DG de Sonatrach, Abdelmoumen Ould Kaddour, les différents intervenants ont confirmé les potentialités de l’Algérie en termes de développement des énergies renouvelables, principalement à travers la ressource solaire. Un potentiel permis non seulement par le taux d’ensoleillement élevé du pays mais aussi par les ressources gazières dont dispose l’Algérie, le gaz naturel étant considéré également comme l’une des principales sources du mix énergétique qui doit permettre la transition des énergies fossiles vers les énergies propres. C’est ainsi que M. Ghzali, le représentant de Sonatrach, a rappelé l’intérêt que porte la compagnie nationale au développement de la production de gaz naturel et des énergies propres, mais également à la mise à niveau des raffineries de la compagnie pétrolière «pour une production propre répondant aux normes européennes ». L’un des chiffres illustrant cette orientation est la proportion de l’opération de torchage, ou brûlage des gaz, qui est passée de 75 % en 1975 à 8 % en 2017. D’autre part, l’intervenant a énuméré les initiatives de la compagnie nationale en faveur de l’énergie solaire, « qui est aujourd’hui économiquement viable ». Parmi ces initiatives, la centrale hybride solaire de Hassi Rmel équipée de 180 000 m2 de panneaux solaires. Le représentant de la compagnie nationale a également indiqué que « le potentiel ultime en installations solaires sur les sites de Sonatrach » équivaut à 1,6 GW. Cependant, l’énergie solaire, connue pour être caractérisée par une production aléatoire selon l’ensoleillement, ne pourra pas émerger seule. « Les deux principaux piliers de la transition énergétique sont le gaz et le renouvelable », précise-t-il.

 

Plaidoyer pour le solaire
Pour Julien Pouget, président de Total Solar, la transition énergétique ne pourra passer que par la complémentarité entre ressources en gaz et énergie renouvelable. « Pour assurer une production constante, il faut un important potentiel de stockage ou bien une ressource flexible.
C’est pour cela que l’Algérie possède un atout significatif, celui de posséder la ressource gaz afin de pallier la fluctuation de la production solaire », a ainsi estimé le premier responsable de Total Solar, qui a également fait observer que l’Algérie possède «des sites extraordinaires» pour développer l’énergie solaire.
Pour sa part, Luca Cosentino, vice-président de la compagnie italienne ENI, a assuré que les grandes entreprises pétrolières, telles que la sienne, mais aussi Sonatrach, pouvaient apporter une plus-value certaine dans le cadre du développement des énergies renouvelables.
« La grande industrie des hydrocarbures a tardé à se lancer dans cette voie pendant plusieurs années. C’était un domaine où seules activaient de petites entreprises », a rappelé l’intervenant. « Maintenant que les énergies renouvelables sont en main stream, je pense que les grandes compagnies peuvent trouver leur raison d’être dans ce secteur », a estimé Luca Cosentino.