C’est jour d’intronisation, aujourd’hui, pour le colonel Goïta en tant que président de la transition au Mali. Une cérémonie très attendue, notamment en raison de ce que dira ou ne dira pas aux Maliens, inquiets pour leur avenir et celui de leur pays, l’homme fort du Mali.

Par Anis Remane
Auteur de deux coups de force en neuf mois, le colonel Assimi Goïta aura à s’exprimer sur les engagements que lui et ses hommes disent ne pas vouloir rompre avec les Etats et les parties internationales impliqués dans le processus de normalisation politico-institutionnelle à Bamako.
«Ce sera le moment» pour le nouveau président de la transition malienne «de rassurer et de solennellement prendre des engagements clairs sur le déroulement des huit mois restants de la transition», a indiqué à l’AFP une source diplomatique dans la capitale malienne.
Vendredi, 4 juin, un signal positif a été déjà envoyé par celui qui devrait occuper le poste de Premier ministre, Choguel Kokalla Maïga Figure importante du collectif M5-RFP qui avait ébranlé la présidence Keïta emportée par le putsch du 18 août 2020, M. Maïga a assuré que son pays a tenu un discours rassurant, estimant que «les invectives, les sanctions, les menaces ne feront que compliquer la situation». Entre autres grands dossiers à suivre : la relation avec la France qui a annoncé la suspension de ses opérations communes avec l’armée malienne, après huit ans de coopération étroite contre les djihadistes dans le cadre de sa force Barkhane.
Mercredi, 2 juin, le colonel Assimi Goïta a fait un pas important en ce qui concerne sa promesse de respecter l’accord d’Alger de 2015, en recevant une délégation de la Coordination des mouvements de l’Azawad. L’ex-rébellion qui demande des gages de garantie semble avoir été satisfaite des entretiens auxquels a pris part Choguel Maïga, connu pour son peu de sympathie pour l’accord d’Alger, et s’est dite prête à accompagner le nouveau chapitre de la transition. Plusieurs de ses représentants assisteront à l’investiture aujourd’hui.
Le 30 mai, lors du sommet extraordinaire de la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest à Accra, le nouveau président de la transition a rassuré les Etats-membres de la Cédéao, qui ont suspendu la participation du Mali à ses institutions, et s’est engagé à respecter le processus démocratique d’accession au pouvoir. Il reste à savoir s’il souscrira à la nécessité selon les Etats-membres de «respecter la période de transition de 18 mois décidée à Accra et de maintenir la «la date du 27 février 2022 déjà annoncée pour l’élection présidentielle». En tout cas, pour le Mali, pays sans ressources, confrontés à d’énormes défis de développement et de sécurité, le maintien des partenariats internationaux est un enjeu crucial. L’Algérie, par la voix du chef de l’Etat, s’est dite mobilisée pour lui apporter le soutien dont il a besoin pour parachever l’application de l’accord d’Alger et pour préserver son intégrité face à toute menace mettant en péril sa cohésion dans le Nord notamment.