Les consultations nationales sur la transition politique au Mali ont débuté hier après des changements annoncés jeudi soir. Selon les annonces précédentes du Comité national pour le salut du peuple, le CNSP au pouvoir, elles devaient se tenir durant deux journées seulement, aujourd’hui et demain dimanche. Au final, elles auront lieu en deux phases et se termineront le 12 septembre prochain.

Aujourd’hui, samedi, ce sont les représentants des partis politiques, de la société civile, des syndicats ou encore des groupes armés signataires de l’accord de paix signé à Alger en 2015, qui seront conviés pour « valider les termes de références » des consultations. Ce préalable consiste à mettre tout le monde sur les objectifs des concertations avant l’entrée dans le vif du sujet dans des discussions qui auront lieu de jeudi à samedi prochains.
La nouveauté par rapport aux annonces précédentes des colonels à la tête du pays, depuis le coup de force du 18 août dernier, est, également, dans la décentralisation des échanges qui auront lieu dans le nord, le centre et le sud du pays sous l’autorité des gouverneurs. La seconde phase des concertations, apprend-t-on de source médiatique, réunira la semaine prochaine, à Bamako des délégués nationaux, régionaux et de la diaspora.
Ces tractations interviennent alors qu’on observe des changements au sein de l’armée à la tête de laquelle plusieurs nouvelles nominations à différents postes clé ont été opérés, selon des décrets rendus publics mercredi. Le général Oumar Diarra est nommé chef d’état-major général des armées. Il remplace le général Abdoulaye Coulibaly toujours retenu ainsi que certains haut gradés et hautes personnalités politiques arrêtés lors du coup d’Etat militaire qui a renversé le président Ibrahim Boubacar Keïta sorti d’hôpital jeudi mais toujours en résidence surveillée chez lui avec une probabilité de quitter le Mali, probablement pour les Emirats.
Des remplacements à des postes sensibles ont été également effectués : le colonel Lassana Doumbia devient directeur général de la sécurité d’Etat (renseignement), le colonel Jean Dao chef d’état-major de la Garde nationale, composante de l’armée, et le général Souleymane Doucouré secrétaire général du ministère de la Défense. Le général Doucouré, précédemment chef d’état-major de l’Armée de l’air, avait été interpellé après le putsch.
Le contexte général, lui, reste marqué par les épreuves endurées par l’armée malienne qui continue de subir les attaques de groupes armés. Dans la nuit du jeudi à vendredi, au moins 10 soldats maliens ont été tués dans une embuscade dans la région de Guiré dans le centre du pays, une zone proche de la frontière mauritanienne où sont présents des groupes jihadistes armés, selon des sources sécuritaires locales citées par l’AFP.
C’est la troisième fois que les forces de sécurité maliennes essuient des pertes aussi lourdes depuis que les militaires ont pris le pouvoir à la faveur d’un coup d’Etat le 18 août. Quatre soldats maliens avaient été tués et 12 autres blessés le 27 août dans une embuscade imputée aux jihadistes près de Mopti, dans le centre du pays. Quatre soldats avaient également été tués cinq jours plus tôt par l’explosion d’un engin au passage de leur véhicule, également dans le centre, un des principaux foyers des violences qui ont fait des milliers de morts militaires et civils depuis 2012 au Mali et qui se sont propagées depuis 2015 au Burkina Faso et au Niger voisins.