Le ministre de l’Industrie Ferhat Aït Ali a affirmé, mercredi, à l’issue des travaux de la «Conférence nationale sur le plan de relance pour une économie nouvelle», qu’une «réflexion» autour de l’ouverture du capital de certaines entreprises publiques à travers l’épargne publique et privée avait été engagée. Le gouvernement entend ainsi accélérer, dans les prochains mois, la transformation du secteur public économique et le modèle de gestion des entreprises relevant du domaine public. Une des solutions suggérées à la prise en charge aussi bien financière que managériale des groupes publics consiste en l’ouverture du capital de certains d’entre eux et leur financement «dans le cadre d’un plan intégré de restructuration», a indiqué Ferhat Aït Ali. Ajoutant que les banques assuraient par le passé le financement du déficit des groupes publics, mais le gouvernement entend, désormais, insuffler une nouvelle dynamique à ces groupes à travers le recours à l’épargne publique et privée. Le gouvernement semble avoir identifié d’ores et déjà les critères de sélection, dont les entreprises détenant «des projets économiques efficaces», mais cette opération exige nécessairement un audit des entreprises candidates à la privatisation via le marché financier. Le ministre de l’Industrie a expliqué à juste titre que toute action dans ce sens serait tributaire de l’opération de calcul des actifs et des passifs et d’étude de marché, menée par son département. Certaines entreprises rencontrent des problèmes à la commercialisation de leurs produits et non dans la gestion, a-t-il ajouté. L’abrogation du régime préférentiel qui existait au profit des activités de montage permettra aux groupes économiques d’améliorer leur situation, a poursuivi le ministre, rappelant que la relance de l’industrie nationale ne dépend pas uniquement des groupes publics, mais aussi du secteur privé et des partenariats public/privé. Les travaux de la Conférence nationale sur le plan de relance économique ont conclu à la nécessité de réindustrialiser le pays à travers la facilitation et la simplification de l’acte d’investir en s’attaquant aux boulets bureaucratiques et bancaires et en y injectant 1 900 milliards de dinars et 10 à 12 milliards de dollars. Le gouvernement sait, cependant, que l’industrie publique s’est affaiblie, notamment dans les secteurs à haute valeur ajoutée, nécessitant une nouvelle vision stratégique pour le domaine public et de nouvelles pratiques managériales pour sortir les entreprises étatiques des sempiternelles aides financières du Trésor. Lors d’un Conseil des ministres tenu le 19 avril dernier, le ministre de l’Industrie a esquissé un projet de réforme des structures de gouvernance et de gestion directe de l’économie productive relevant de son secteur, bâti sur deux piliers essentiels, à savoir la révision du cadre législatif relatif à la promotion de l’investissement et la réorganisation du secteur économique public relevant du ministère de l’Industrie et des Mines en vue de sa relance et sa séparation complètement du Trésor public en tant que principal pourvoyeur. Ferhat Aït Ali vient d’en ajouter un troisième, à savoir l’ouverture du capital de certains groupes publics via le marché financier. Certes, cette démarche pourrait améliorer la solidité financière des entreprises publiques ainsi que leur gouvernance à travers, entre autres, l’instauration de l’obligation de résultats ainsi que la désignation de nouveaux organes de gestion et de contrôle, dont l’assemblée générale des actionnaires, mais l’idée de pouvoir mobiliser l’épargne des investisseurs n’est pas totalement sans risques. La dernière tentative en date d’ouvrir le capital d’une entreprise publique via la Bourse, la cimenterie d’Aïn Lekbira en l’occurrence, s’était soldée par un échec cuisant. Il y a quelques années, le gouvernement avait annoncé le projet d’introduire en Bourse huit de ses entreprises, mais s’est retiré aussitôt de l’Aventin du fait de la complexité de l’opération, étant donné que la comptabilité de certaines d’entre elles ne le permettait pas. <