La diaspora algérienne a apporté à son pays d’origine  2,1 milliards de dollars au cours de l’année dernière. Ce montant représente les transferts effectués vers l’Algérie via les circuits bancaires, indique un rapport publié le 22 avril par la Banque mondiale. Ce dernier fait savoir que l’Algérie arrive en 6e position en Afrique en termes d’importance des transferts de fonds de la diaspora.

Le Nigeria est le pays d’Afrique qui a reçu le plus de fonds envoyés par les citoyens installés à l’étranger en 2017. Le pays le plus peuplé du continent a reçu 22 milliards de dollars, d’après ce rapport intitulé «Migrations et envois de fonds : développement récents et perspectives» (Migration and Remittances : Recent developments and Outlook).
L’Egypte arrive en deuxième position avec 20 milliards de dollars, tandis que le Maroc occupe la troisième marche du podium avec 7,5 milliards de dollars. Viennent ensuite le Ghana et le Sénégal, avec un montant de 2,2 milliards de dollars pour chacun de ces deux pays, l’Algérie (2,1 milliards), le Kenya (2 milliards), la Tunisie (1,9 milliard), l’Ouganda (1,4 milliard),  le Mali (1 milliard), l’Afrique du Sud (0,9 milliard), l’Ethiopie (0,8 milliard), le Liberia (0,6 milliard) et le Burkina Faso (0,4 milliard).
Le rapport, publié en marge des assemblées de printemps du groupe de la Banque mondiale et du FMI, souligne, d’autre part, que les transferts de la diaspora représentent une part particulièrement importante du PIB du Libéria (27%), des Comores (21%), de la Gambie (21%), du Lesotho (15%), du Sénégal (14%) et du Cap-Vert (13%).
Globalement, les transferts des fonds vers l’ensemble des pays d’Afrique subsaharienne sont passés de 34 milliards de dollars en 2016 à 38 milliards de dollars en 2017, grâce notamment à la reprise de l’économie mondiale et à la remontée progressive des prix du pétrole, explique l’Agence Ecofin.
Il est clair que les montants transférés par la diaspora algérienne au pays ne reflètent pas totalement la réalité. La raison ? Les membres de la communauté algérienne établie à l’étranger préfèrent ne pas utiliser les mécanismes bancaires formels. Ils choisissent de ramener de l’argent en liquide durant les vacances d’été que de recourir aux transferts bancaires comme font le reste des diasporas. Les lenteurs et les complications des procédures bancaires en Algérie poussent les gens à utiliser les mécanismes traditionnels de transfert de fonds.
Un programme de modernisation du système bancaire et financier du pays s’impose pour suivre l’évolution qui s’opère dans le reste du monde.