Le Symposium international de la place financière algérienne a été l’occasion, hier, lors de sa deuxième journée au Palais des expositions, d’évoquer le paiement électronique encore en chantier en Algérie.

D’après les intervenants, la mise en place de 1200 TPE n’a pas «plaidé» la «cause» du paiement électronique, ni auprès des commerçants ni auprès des consommateurs. C’est une question de confiance, selon eux. «La confiance est la valeur ajoutée essentielle du e-paiement. Or, cette valeur ajoutée n’est pas visible. En conséquence, le client n’éprouve pas le besoin d’utiliser sa carte numérique. Le commerçant, pour sa part, même si la loi l’oblige à installer les TPE, refuse d’y adhérer tant que le client ne l’exige pas», a expliqué la directrice générale de la Société d’automatisation des transactions interbancaires et de monétique (Satim), Nawel Benkritly. Plus grave, selon elle, même les banques n’y adhèrent pas vraiment. Au niveau de ces dernières, rares sont les banquiers, constate-t-elle, qui proposent spontanément à leurs clients de se mettre au paiement électronique. «Le plus important dans la digitalisation, c’est surtout la transformation humaine. Sans le changement de mentalité, sans la professionnalisation des nouveaux métiers numériques, la technologie ne servira pas à grand-chose. La preuve, les transactions se font plus par Internet que par le biais des TPE, lancés pourtant en 2016», souligne-t-elle. À ce propos, le représentant d’Ooredoo, Zaki Mentouri, a indiqué, qu’en dépit d’une bancarisation de 50%, 7% seulement des détenteurs de cartes numériques l’utilisent. «C’est par le biais des réseaux de distribution que la diffusion de l’information et la formation sur les services numériques doit se faire», estime-t-il, appelant à une meilleure coopération entre les banques et les opérateurs de la téléphonie. Avec les 43 millions d’abonnés que compte la téléphonie mobile, c’est un potentiel que les banques doivent exploiter, d’après l’administrateur de GIE Monétiques, Madjid Messaoudène. Chose à laquelle appelle également le directeur général de Mellon Algérie, entreprise versée dans l’installation des TPE, Stefanos Karapetsis. Pour lui, le paiement électronique s’implantera plus rapidement et à moindre coût via le paiement mobile que via les TPE. «L’Algérie ambitionne de mettre en place 1,7 million de TPE. Ce qui coûtera 500 millions de dollars et un délai de réalisation de 5 ans. Le m-paiment lui, par contre, coûtera 7 millions de dollars seulement avec un délai de réalisation de 12 mois», explique-t-il, tout en suggérant la mise en place d’un comité pour l’évaluation de la réglementation, de ce qui pourrait être fait ou non sur le marché dans ce secteur, ainsi que le lancement d’une enquête auprès des commerçants et des consommateurs pour identifier leurs «goûts» numériques. Le manager du groupe international SAB, Nabil Ouardi, a signalé, par ailleurs, que les banques n’ont pas d’autre choix que d’aller vers la digitalisation. Car c’est une exigence du client, de la nouvelle génération surtout, qui affectionne tout ce qui a trait au numérique. «Sans oublier la réglementation qui l’exige ainsi que l’arrivée de nouveaux acteurs sur le marché, comme les opérateurs de la téléphonie mobile. Sans une transformation digitale, les banques courront le risque de perdre des parts de marché, des clients et subir même des pénalités dans le cas où elles ne se mettent pas rapidement en conformité avec une réglementation qui change», conclut-il.