PAR INES DALI
La problématique de la pénurie de médicaments anticancéreux, notamment pour les enfants, connaît enfin un dénouement. Deux médicaments indispensables dans le traitement de cette maladie, à savoir la Vincristine et l’Asparaginase, sont disponibles en Algérie. Le premier a été distribué hier dans les établissements hospitaliers concernés, tandis que l’autre le sera la semaine prochaine, selon l’annonce du ministère de l’Industrie pharmaceutique.
«Une importante quantité de Vincristine INJ, soit 43 600 unités» est, en effet, «disponible» depuis hier «29 septembre 2021 dans les différents services hospitaliers. De quoi couvrir les besoins annuels exprimés par la Pharmacie centrale des hôpitaux (PCH), qui sont de 40 000 unités», a indiqué le département ministériel de Djamel Lotfi Benbahmed.
Concernant l’Asparaginase, «un premier lot de 300 unités sera mis à la disposition des hôpitaux, à titre de don, la semaine prochaine», et ce, «en attendant la réception d’une importante quantité de plus de 15 000 unités le mois prochain», a précisé le ministère. Soulignant que la mise à disponibilité de ces médicaments «permettra, ainsi, de poursuivre les thérapies indispensables à la prise en charge des cancéreux, notamment les enfants des services d’oncopédiatrie».
L’arrivage de ces médicaments essentiels contribuera, sans aucun doute, à soulager un tant soit peu les malades après la longue attente durant laquelle les spécialistes en charge des services des cancéreux, comme le Pr Kamel Bouzid, chef de service oncologie au Centre Pierre-et-Marie-Curie du CHU Mustapha-Bacha, ont décrié, à maintes reprises, la situation de détresse dans laquelle se trouvaient leurs patients.
Le ministère de l’Industrie pharmaceutique a rappelé qu’une réunion sur la disponibilité des médicaments anticancéreux s’est tenue lundi 20 septembre avec les experts cliniciens en oncologie, en hématologie et en oncopédiatrie. Une réunion à laquelle était présente la Pr Houda Boudiaf, chef de service oncologie pédiatrique au CHU Mustapha-Bacha, qui avait lancé l’alerte, il y a quelques mois, sur les deux médicaments anticancéreux susmentionnés, en raison de la récurrence de leur rareté et des ruptures de stocks, alors qu’ils sont indispensables dans le traitement des enfants cancéreux.
Lors de cette réunion, le ministre de l’Industrie pharmaceutique a donné des instructions fermes pour la prise en charge en «urgence» de «toutes les mesures de facilitation, à tous les niveaux, afin d’assurer une disponibilité continue des traitements» pour les malades cancéreux, y compris les enfants, atteints de différentes formes de cancer. La réunion était consacrée à l’étude du problème de la non-disponibilité continue des médicaments essentiels, en particulier des médicaments destinés au traitement du cancer et des maladies du sang, rappelle-t-on. <