La mesure, portant réduction à un maximum de 30 jours le délai d’étude d’un dossier de crédit bancaire, introduit par un opérateur économique, est désormais effective. Comme annoncée le 8 février courant par le ministre des Finances Aymen Benabderrahmane, une instruction en ce sens vient d’être notifiée par son département aux établissements bancaires, indique un communiqué du même ministère. Lequel communiqué précise que la note a été adressée aux directeurs généraux des banques publiques, alors que M. Benabderrahmane avait préalablement cité également les banques privées.

Pour éviter un allongement injustifié du délai de traitement, «le plus souvent dû au manque de documents et de pièces constructives du dossier», selon le ministère de tutelle, il est recommandé «l’instruction du dossier de crédit à travers une vérification formelle exhaustive lors de son dépôt», indique le communiqué, soulignant que les 30 jours maximum se comptent depuis l’introduction de la demande de crédit jusqu’à la notification de la décision finale de la banque. «Ce délai doit être porté à la connaissance de la clientèle qui pourra s’en prévaloir», instruit en outre le ministère.
Un changement qui passe inévitablement par une stratégie communicationnelle et d’information idoine, poursuit la même source. C’est pourquoi les banques doivent prendre toute mesure jugée nécessaire pour assurer une amélioration significative de ce processus, notamment en ce qui concerne la qualité de la communication et de l’information qui doit être mise à la disposition de la clientèle au niveau des agences et des sites internet des banques publiques», lit-on également dans le communiqué.
Cette information, est-il soutenu, «doit être disponible en permanence, complète et simplifiée, pour assurer une bonne compréhension des procédures et un conseil personnalisé». D’où l’appel réitéré à l’adresse des banques publiques par le ministère des Finances afin de «mettre en place les procédures et les circuits d’information qui assureront un traitement optimal et dans les délais requis des dossiers de crédits».
Mais pas seulement, puisque «dans le même temps, il est nécessaire d’inscrire les structures et les personnels chargés de la clientèle et de l’étude des dossiers de crédit dans une logique de performance et de productivité, afin que la fonction financement puisse connaître les améliorations qualitatives indispensables, permettant un alignement rapide de cette fonction sur les meilleures pratiques internationales en la matière», ajoute la note.
De manière générale, et en raison de la position dominante des banques publiques sur le marché et des responsabilités qui en découlent, estime le département des Finances, chaque banque publique doit organiser et codifier ses processus de décision en matière de traitement des dossiers de crédits et en assurer le respect. «Le respect de ces processus et de ce délai constitue l’un des critères les plus importants déterminant la perception de la clientèle sur la qualité des services et la performance des banques publiques», affirme-t-on.
La réduction du délai d’étude des dossiers de crédit sera sans doute d’une portée fort bénéfique sur le moral des opérateurs économiques, notamment en cette période de crise sanitaire qui a mis à genoux des centaines d’entreprises, faisant du crédit bancaire une voie de sortie du tunnel pour celles qui sont éligibles.