L’ex-directeur de l’Office national des droits d’auteurs et droits voisins (ONDA), Sami Bencheikh El Hocine a été entendu aux côtés d’une «trentaine de personnes» dans le cadre de l’enquête diligentée par la Justice, suite au drame ayant endeuillé le concert du chanteur Soolking, le jeudi 22 août dernier, une enquête confiée au procureur de la République près le tribunal de Sidi-M’hamed à Alger.
Au terme d’une audition qui s’était prolongée jusqu’à très tard dans la nuit de lundi, Sami Bencheikh El Hocine, ainsi que deux autres personnes en lien avec l’événement ont été placés en détention provisoire à la prison d’El Harrach.
Contacté pour de plus amples informations sur les charges retenues, l’un des responsables auprès de l’Onda, s’il nous a confirmé la détention provisoire de l’ex-directeur de l’agence, a néanmoins indiqué à Reporters qu’«aucun détail n’avait encore filtré quant aux motifs exacts ayant conduit à une telle décision». Le responsable déclarera que «pour le moment nous ne savons pas plus, hormis que cette incarcération intervient dans la cadre de l’enquête en cours».
Il ne manquera néanmoins pas de s’étonner de la rapidité avec laquelle le tribunal a décidé à la «première audition de passer à la détention provisoire et de privation de liberté» : «Il aurait été plus approprié de lui retirer son passeport pour la suite de l’enquête au lieu d’un placement en détention.»
En tout état de cause, l’enquête se poursuit encore, d’autant que les auditions ont concerné des responsables au plus haut niveau, entendus pour certains en tant qu’accusés, d’autres en tant que témoins ou partie civile. Il a également été rapporté que l’ex-ministre de la Culture, Meriem Merdaci, a adressé son témoignage à la justice.
L’affaire particulièrement grave avec la mort de cinq spectateurs dans une bousculade dont les circonstances exactes restent encore à éclaircir a, pour rappel, entraîné la démission de la ministre de la Culture mais également le limogeage du directeur de l’Onda, organisateur de l’événement, et du directeur général de la Sûreté nationale Abdelkader Kara Bouhadba, dont les services avaient à leur charge la sécurisation des alentours du stade 20-Août, alors que l’Onda était responsable de l’intérieur du stade. Une série de limogeages et de démissions qui ont constitué également une première en Algérie au lendemain d’un drame de ce type. Quant aux raisons qui pourraient expliquer la détention de l’ex-directeur de l’Onda, l’une des «rumeurs» qui étaient avancées, hier, faisait état de la vente d’un trop grand nombre de tickets, plus que les capacités du stade. Une rumeur persistante catégoriquement rejetée par le responsable auprès de l’Onda que nous avons contacté : «J’infirme cette thèse catégoriquement. Tout est enregistré dans nos archives, nous avons eu les autorisations et suivi les procédures», avant d’ajouter que l’organisateur (Onda) avait comptabilisé 25 000 places possibles : «L’ONDA a vendu environs
19 000 tickets, en plus de 3 000 qui étaient réservés aux invitations»,
3 000 tickets étant donc restés «invendus» au moment du lancement de concert.