La réouverture des frontières du pays ne se fera pas de sitôt. En tous les cas, pas avant une amélioration réelle de la situation sanitaire, a confirmé le ministre de l’Intérieur, des Collectivités locales et de l’Aménagement du territoire, Kamel Beldjoud.
Une position exprimée à moult reprises par les membres du gouvernement depuis quelques semaines en réponse aux appels lancés par certaines parties, dont notamment la diaspora algérienne à l’étranger et certains députés, pour la réouverture des frontières au trafic aérien.
Pour cette nouvelle confirmation du genre, la sortie de M. Beldjoud a été provoquée par une question écrite que lui a transmise le député Hassan Laribi, l’interrogeant sur ce dossier. Et c’est par une correspondance écrite que le ministre de l’Intérieur a répondu au député, en commençant par lui rappeler que «la fermeture des frontières a permis à l’Algérie d’endiguer la propagation du coronavirus, contrairement à d’autres pays qui ont tardé à fermer leurs frontières». Et d’insister que «cette mesure reste en vigueur, jusqu’à l’amélioration de la situation sanitaire». Interrogé également sur la gestion du programme de rapatriement des Algériens bloqués à l’étranger, mis en place par le gouvernement, le ministre fera le décompte des opérations effectuées dans ce registre depuis le début de la pandémie qui a poussé les autorités du pays à fermer ses frontières.
«Nous avons rapatrié 34 000 ressortissants algériens bloqués à l’étranger depuis le début de la crise sanitaire, répartis sur plusieurs opérations. Leur transport et leur hébergement ont été pris en charge dans 86 structures dédiées à cet effet», a-t-il précisé à ce propos. Quant à la nouvelle opération de rapatriement initiée le 23 décembre dernier, elle s’est soldée par le retour en Algérie de 13 398 citoyens jusqu’au 2 janvier courant, a encore chiffré l’intervenant, soulignant que ce rapatriement a profité spécialement aux personnes malades, aux mineurs, aux étudiants ainsi qu’aux personnes dont le contrat de travail a expiré».
L’opération est «toujours en cours» ; a ajouté M. Beldjoud, avant d’apporter quelques éclaircissements concernant les attestations d’entrée et de sortie du territoire national, récemment instaurées pour les Algériens résidant à l’étranger. «Des mesures spéciales ont été mises en place par le gouvernement à l’effet de permettre à certains ressortissants de bénéficier d’autorisations exceptionnelles, avec lesquelles ils peuvent sortir du pays et y rentrer, selon le cas. Leurs dossiers ont été étudiés par une commission compétente», a expliqué le ministre de l’Intérieur, des Collectivités locales et de l’Aménagement du territoire dans sa réponse écrite adressée au député.
Ce dernier n’est d’ailleurs pas le premier à interpeller le gouvernement sur le dossier de la réouverture des frontières. Certains de ses collègues au niveau de la Chambre basse ont déjà tenté, dès la fin de l’été dernier, de convaincre les autorités de cette opération, ne serait-ce que partiellement. Fin août, le député à l’émigration Noureddinne Belmeddah avait même adressé une lettre au président de la République, demandant la réouverture des frontières du pays, fermées depuis le 17 mars 2020.
Craintes du nouveau variant
Pour sa part, le dr Djamel Fourar, porte-parole du Comité scientifique chargé du suivi de l’évolution du Coronavirus, a appelé hier à «demeurer prudents» avant d’envisager toute réouverture des frontières. Le porte-parole du Comité scientifique a tenu à souligner le risque encouru dans le contexte actuel de survenue et de propagation rapide du nouveau variant du coronavirus en Europe, surtout que le trafic le plus important de l’Algérie s’effectue avec les pays européens. «Si nous ouvrons les frontières, nous risquons de recevoir le nouveau variant de Covid-19», a-t-il mis en garde lors de son passage sur les ondes de la chaine 2 de la radio nationale. Rappelant que le relâchement de la population avait entraîné, en juillet dernier, un pic de 17.000 cas de contaminations lors de la première vague et de 25.000 cas lors de la seconde, en novembre, il a insisté sur l’obligation de «demeurer prudents» avant d’envisager toute réouverture des frontières.
Il n’a pas omis de revenir, comme les autres professionnels de la santé, sur la nécessité de «s’habituer à vivre avec le virus, en s’en tenant au strict respect des mesures de prévention», et ce, même après le début de la vaccination, surtout que l’Organisation mondiale de la santé recommande la vigilance au moins jusqu’à l’automne prochain, période durant laquelle une bonne partie de la population de la planète aurait été vaccinée. n