La formation du gouvernement post-législatives du 12 juin continue de faire agiter les états-majors des partis politiques sortis gagnants du scrutin et qui ont été reçus à tour de rôle par le président Tebboune. Après le temps des consultations au palais présidentiel, c’est désormais celui de l’interrogation, notamment sur la place qu’aura chacune des cinq formations politiques, plus les indépendants, arrivées en tête du classement validé et annoncé par le Conseil constitutionnel.

PAR NAZIM BRAHIMI
En plus des supputations quant au nom du successeur d’Abdelaziz Djerad, qui a démissionné de son poste de Premier ministre le 24 juin, chargé cependant par le Président de gérer les affaires courantes, la composante de l’Exécutif n’alimente pas moins les débats dans le microcosme politique. D’aucuns s’interrogent à ce propos si la composition du prochain staff gouvernemental refléterait la représentation parlementaire issue du dernier scrutin. S’il est loisible de constater que les délégations reçues par Tebboune ont fait preuve de prudence dans ce registre, en ne s’aventurant pas à se prononcer sur la future composante de l’Exécutif, ce n’est pas le cas en ce qui concerne le FLN, qui ne cache désormais plus ses ambitions.
«Il est évident que la composition de l’équipe gouvernementale va refléter la dimension réelle de chaque parti ayant participé aux législatives», a affirmé à ce propos Abou El Fadl Baâdji, secrétaire général de l’ex-parti unique dans une interview au quotidien l’Expression. «Bien évidemment, nous souhaitons des postes ministériels à la mesure de nos résultats. Le parti fourmille de cadres jeunes dans tous les secteurs», a-t-il avancé dans ce qui traduit les grandes ambitions que nourrit ce responsable qui mise visiblement sur une place de choix pour le FLN dans le prochain Exécutif. Mieux encore, Baâdji a estimé, s’agissant du profil du Premier ministre, qu’il «doit être politique» pour refléter le poids de chaque parti à l’APN, arguant que «le gouvernement doit avoir une identité politique et une responsabilité dans ses choix».
Mais pour des observateurs de la chose politique, rien ne garantit que les partis qui ont obtenu des résultats positifs lors des législatives héritent de postes ministériels importants, particulièrement pour les départements qui font face à de grands défis en matière de gestion de la chose publique.
Sans compter bien entendu les probables reconductions de ministres déjà en poste, ainsi que la suppression possible de quelques départements injectés dans l’architecture de l’Exécutif, mais avec des résultats plutôt décevants. D’autant plus que certains ministères délégués et autres secrétaires d’Etat se sont avérés plutôt des entités budgétivores que des outils d’une véritable utilité publique.
A rappeler que les élections législatives anticipées ont été marquées par la victoire du Front de libération nationale qui a obtenu 98 sièges, suivi des indépendants avec 84 sièges, puis du MSP avec 65 sièges. Le RND est arrivé, quant à lui, en quatrième position avec 58 sièges, suivi du Front El Moustakbel d’Abdelaziz Belaïd avec 48 sièges et du Mouvement Al-Bina d’Abdelkader Bengrina avec 39 sièges.
Ces formations politiques, en plus du mouvement créé dans leurs états-majors quant à la place qu’elles peuvent avoir dans le futur
Exécutif, n’abandonnent pas l’autre enjeu, à savoir la présidence de l’APN.
Dans ce sens, le FLN ne se montre pas moins ambitieux pour introniser un de ses élus sur le perchoir de l’Assemblée, lui, qui est resté sur un mauvais souvenir dans la mesure où il a été sérieusement ébranlé au cours de la précédente mandature avec la destitution spectaculaire de Saïd Bouhadja. <