Les événements politiques se précipitent à une telle allure, que la réception d’une information devient obsolète avant même sa publication. La présidence et le MDN ont libéré leur parole ces derniers jours, plus particulièrement ces dernières 48 heures. De Bouteflika « devrait » démissionner mardi, à le Président «démissionnera » avant le 28 avril, en passant par l’installation du gouvernement de Bedoui, sans oublier les fake communiqués, ou supposés tels, la Présidence passe à l’attaque médiatique. Le MDN, de son côté, ayant ouvert les hostilités avec la proposition de l’activation de l’article 102, collectionne dès lors les numéros de la Constitution, notamment les 07 et 08. De communiqués en ripostes, Gaïd Salah n’en finit pas de promettre le respect de la rue et de ses desideratas. La nuit des longs couteaux n’ayant pas eu lieu, c’était, hier, au tour du président Zeroual de confirmer sa rencontre avec le général à la retraite Mohamed Mediene, à la demande de ce dernier, qui lui aurait proposé de présider l’instance de transition, «fruit d’un accord avec Saïd Bouteflika» ! Une réunion secrète des ennemis d’hier, Saïd et Toufik, devenus pour la circonstance amis conjoncturels contre leur allié d’hier, le chef d’état-major. Même Nekkaz n’aurait pas imaginé un tel Vaudeville. Les aveux de Zeroual, dont on a voulu en faire encore un paravent, sonnent comme un glas pour les « comploteurs » de Moretti et replacent Gaïd Salah sur le socle de la vérité, lui, à qui plusieurs personnalités politiques ont fait une moue dubitative à l’annonce « d’une réunion secrète » d’ennemis à la nation. Nous ne saurons pas si des « experts » français étaient de la rencontre ou si c’était, encore, une information tendancieuse.
En tout état de cause, un communiqué de la Présidence rappelle que le Président
« pendra des décisions importantes » dans les prochains jours, avant la date butoir du 28 avril. En réaction, ce même Gaïd Salah, qui a présidé hier une réunion de l’état-major, a appelé à l’application «immédiate» de l’article 102, avec les 07 et 08 en appoint, l’homme fort de l’Armée ne voulant pas sortir hors de cette même Constitution, estimant, de plus, que le communiqué de la Présidence stipulant le maintien de Bouteflika aux commandes jusqu’au 28 avril «n’émane pas du Président», soulignant que le pays a été livré à une horde de prédateurs qui a pillé le pays… Et voilà qu’en fin de journée le président Abdelaziz Bouteflika notifie sa décision de mettre fin à son mandat, fermant une séquence riche en rebondissements.