Le ministre de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière, Abderrahmane Benbouzid, vient de jeter un pavé dans la mare à propos du nombre des cas de décès dus au coronavirus (Covid-19). Il a révélé que les cas annoncés, dépassant 1 700 actuellement, ne sont pas tous morts de la Covid-19 et que des erreurs ont été enregistrées dans leur déclaration.

En effet, lors d’une visite d’inspection qui l’a conduit, hier, dans les wilayas d’Adrar et de Tindouf, le Pr Benbouzid a levé le voile sur les raisons qui ont impacté le nombre des décès au coronavirus annoncés et dont l’incidence semble assez élevée par rapport aux cas confirmés.
«Il y a des personnes qui sont décédées de mort naturelle et qui ont été déclarées et enregistrées comme étant mortes du coronavirus. Il y a aussi des malades qui sont décédés tout en étant porteur de la Covid-19 mais qui ne sont pas mortes à cause de la Covid-19», a déclaré le ministre de la Santé lors de sa visite au service Covid de l’hôpital d’Adrar.
Il y a des patients qui ont des maladies chroniques et qui sont en même temps porteurs du coronavirus. Certains parmi eux sont morts en raison de leur maladie et non à cause du coronavirus, mais ont été enregistrés parmi les décès des cas Covid et c’est ce qui a eu «un impact sur le nombre de décès déclarés dus au coronavirus», a affirmé le Pr Benbouzid.
Mais comment de telles erreurs ont-elles pu être commises ? Le ministre a expliqué que «ce qui aurait conduit à cette situation c’est le retard enregistré dans le dépistage», tout en relevant que parfois la déclaration de certaines personnes décédées de coronavirus a conduit à des interrogations au sein de leurs familles qui n’ont pas décelé de signes de cette maladie chez les défunts.
Sur un autre chapitre, celui du tant attendu vaccin anti-Covid-19, le Pr Benbouzid a d’abord rappelé que son département ministériel avait signé, le 20 août dernier, un accord avec plusieurs pays pour obtenir le vaccin contre le coronavirus dès sa commercialisation, tout en soulignant que cela ne pourrait constituer une obligation si certaines conditions ne sont pas remplies. Parmi ces conditions, le ministre a indiqué qu’il faut que le vaccin ait le quitus de l’Organisation mondiale de la santé. «Le vaccin ne peut pas être acquis s’il n’a pas été testé et approuvé par l’OMS», a-t-il indiqué. Une autre condition a été, par ailleurs, citée précédemment, à savoir que le vaccin soit d’abord testé au niveau du pays qui l’aura produit.

Le ministre se veut rassurant sur les cas de paludisme
Le paludisme (ou la malaria) qui a fait une entrée fracassante dans le sud du pays, il y a quelques jours, continue de faire parler de lui. Le ministre de la Santé a annoncé, à ce propos, que la wilaya d’Adrar a enregistré «137 cas de paludisme depuis septembre dernier», lors de son inspection des établissements de santé dans cette wilaya. Il a assuré que «c’est un paludisme d’importation», car les malades sont en majorité des Africains subsahariens qui sont entrés en Algérie ou des Algériens ayant séjourné dans les pays limitrophes du Sud où le paludisme est actif. La veille, depuis la wilaya de Tamanrasset, où il était également en visite d’inspection, notamment dans les services où sont hospitalisés les malades de la malaria, le Pr Benbouzid a même assuré qu’«il n’y a pas en Algérie le moustique qui transmet le paludisme» et que les services concernés au niveau du ministère lui ont affirmé que c’est une «situation habituelle» avec les premières pluies d’automne. Une déclaration confirmée par les médecins de Tamanrasset, qui ont également assuré avoir les vaccins et les médicaments nécessaires pour traiter les malades. L’un d’eux a tenu à apporter des précisions sur les chiffres annoncés de plus d’un millier de cas de paludisme pendant une semaine dans cinq wilayas (Tamanrasset, Adrar, Tindouf, Illizi et Ghardaïa), notamment celui ayant trait aux 918 cas à Tamanrasset. Pour lui, il y a eu confusion dans la période. «Les 918 cas à Tamanrasset annoncés par les médias ne sont pas les cas enregistrés en une semaine, mais des cas enregistrés depuis le mois de janvier dernier», a-t-il affirmé, tout en soulignant qu’il faut savoir que des cas sont parfois enregistrés même en janvier et février. Le Pr Benbouzid a réitéré que l’Algérie a été certifiée exempte de paludisme par l’OMS mais reste toutefois confrontée au paludisme d’importation.
Le ministère de la Santé a assuré, dans un communiqué la semaine dernière, que les antipaludéens étaient disponibles au niveau des structures de prise en charge et un stock de sécurité a été renforcé au niveau des wilayas touchées en prévision de la survenue d’autres cas. De même que le dispositif de surveillance a été renforcé, notamment par le dépistage actif, la détection et la prise en charge précoce des cas. <