« La convocation du corps électoral par le président de la République mettra fin à toutes les supputations et amènera tout un chacun à se positionner », a affirmé, samedi à Alger, la secrétaire générale du Parti des travailleurs (PT) Louisa Hanoune.

Présidant l’ouverture des travaux du comité central du parti, issu du dernier congrès, Mme Hanoune dira que « la convocation du corps électoral par le président de la République mettra fin à toutes les supputations et amènera tout un chacun à se positionner». S’agissant justement de la prochaine présidentielle, elle a soutenu qu’elle « soit organisée ou non à la date prévue, l’élection d’une assemblée constituante était la seule issue à la situation actuelle du pays ». Dans le même sillage et réagissant aux déclarations du président de TAJ, Amar Ghoul, selon lesquelles la présidentielle aura lieu dans les délais constitutionnels, Louisa Hanoune a estimé que « son intervention (Ghoul) n’a pas aidé à la clarté », dans le sens où, expliquera-t-elle, les annonces de Ghoul, le 1er janvier, ne peuvent en aucun cas dissiper les incertitudes et l’opacité ». Et pour la porte-parole du PT, «cette situation d’opacité ne peut perdurer au-delà de janvier, puisque les pouvoirs publics sont tenus de convoquer le corps électoral dans les délais constitutionnels». Mais en attendant que le corps électoral soit convoqué, Louisa Hanoune insiste sur l’impératif d’une constituante comme seule issue de sortie de crise. « Pour nous, présidentielle ou pas, l’élection d’une assemblée constituante nationale constitue l’issue démocratique véritable afin de stopper la marche vers le chaos et donc de sauver le pays », a-t-elle souligné, estimant que « seul le peuple librement et démocratiquement mobilisé est capable de préserver le pays des dérives en prenant son destin en main ». Par ailleurs, Mme Hanoune n’a pas apprécié le récent communiqué du ministère de la Défense nationale, qu’elle qualifie d’« étrange », en réaction aux déclarations des retraités de l’Armée. « Le ministère de la Défense, à travers un communiqué étrange, réalise une incursion dans le débat politique qui ne fait qu’ajouter à la confusion et aux congestions déjà étouffantes », a-t-elle lancé sans de plus amples commentaires.

«Les prêches du vendredi ne peuvent mettre fin à la harga»
Louisa Hanoune, qui a établi par la même occasion un bilan très détaillé de l’année écoulée, a estimé qu’il s’agissait d’une année « des plus sombres », marquée notamment par la « harga » laquelle ne peut être prise en charge, dira-t-elle, par les prêches du vendredi. « Les prêches des mosquées ne peuvent endiguer ce phénomène », lance-t-elle, avant d’appeler le gouvernement à prendre en charge « les véritables causes à l’origine de la « harga » et les revendications des travailleurs et répondre aux demandeurs d’emploi». Pour elle, l’année 2018 est également marquée par « l’incapacité du pouvoir d’organiser l’économie nationale », et dit ne pas comprendre les déboires de l’investisseur Issad Rebrab et les raisons du blocage de ses projets. «L’ostracisme qui frappe cet investisseur a pris une tournure dangereuse, menaçante pour le pays », s’est-elle alarmée. La patronne du PT critiquera, en outre, les sorties et conférences tenues par l’ancien ministre de l’Energie, Chakib Khellil, et surtout qu’elles soient « organisées par les autorités locales ». Dans le même ordre d’idées, Louisa Hanoune a noté que l’année écoulée a été caractérisée tout autant par « la mafiotisation, la rapine, la prédation et l’intervention de l’argent sale dans les élections». Selon elle, « face à la régression sociale et économique, et sur le terrain des libertés, à la criminalisation du droit de grève, il y a une montée des luttes organisées par les syndicats et les comités d’étudiants contre le chaos ».<