L’organisation, l’encadrement et la représentation du mouvement populaire pour le changement a pris une place de choix dans l’oral de la secrétaire générale du Parti des travailleurs (PT), Louisa Hanoune. S’exprimant lors d’une conférence de presse, la première responsable du parti a d’emblée indiqué qu’elle n’est pas contre l’idée de passer à l’organisation du mouvement. «Mais c’est aux syndicats et associations organisés de guider le soulèvement populaire et de porter les exigences du peuple», dira-t-elle. Ajoutant que «les Algériens ne doivent pas faire de pause dans leur vie quotidienne, sociale et professionnelle, en attendant le départ du système». Elle a souligné, par la même occasion, que «les revendications socio-économiques et politiques sont inséparables. Nous ne pouvons pas plaider pour le départ du pouvoir alors que nous avons une situation socio-économique catastrophique. La Révolution ne peut pas être que politique».
Pour défendre sa thèse, Hanoune dira que «ce n’est pas pour rien que nos ancêtres combattants ont créé l’UGTA en 1956», relevant qu’avoir des demandes purement et exclusivement politiques est une erreur qui peut avorter la seconde révolution algérienne».
«Les organisations estudiantines et des travailleurs peuvent guider et représenter le peuple», soutient-elle, estimant que ces catégories représentent une «réelle force révolutionnaire qui peut sauver la révolution».
Il n’est pas question pour la cheffe du PT que des organisations étrangères guident le Hirak. «Les acteurs du Hirak et ses porte-paroles doivent être des Algériens résidant en Algérie», a-t-elle insisté, expliquant que «les Algériens qui se trouvent à l’étranger, que ce soit des individus ou autres, ont le droit de s’exprimer sur ce qui se passe en Algérie».
«Au PT, nous sommes contre un Etat religieux, en même temps, nous sommes contre un Etat militaire», a-t-elle clairement avancé. Pour elle, le système et les islamistes sont les deux faces de la même médaille. La question idéologique doit être posée et débattue maintenant contrairement à ce que prétendent certains», a affirmé Mme Hanoune.
Sur les prochaines élections législatives anticipées prévues l’été prochain, la cheffe du PT dit que son parti n’a pas encore tranché et qu’il est en train de suivre l’évolution de la rue, promettant une décision du parti lors de la prochaine session de sa haute instance.
Répondant à une question sur un possible changement à la tête du parti, Louisa Hanoune a été catégorique : «J’ai bien l’intention de continuer. Je n’ai pas l’intention de prendre une retraite politique. Le combat ne connaît pas de fin.»