Synthèse de INES DALI
Le dernier variant du Covid-19 dit «préoccupant» est le variant Omicron apparu en novembre 2021. Aucun des autres variants venus après ne l’est. C’est, en somme, ce qu’expliquent les scientifiques qui regrettent un emballement médiatique et des conclusions hâtives. «Deltacron» et «flurona» sont donnés par les médias comme des variants à propos desquels il y aurait inquiétude, or ce n’est pas le cas. «Il ne faut pas utiliser des mots comme Deltacron ou flurona», a prévenu, hier, la chercheuse Maria Van Kerkhove, qui dirige la lutte contre le Covid à l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), relevant que ces mots «laissent croire à une combinaison entre variants ou virus, ce qui n’est simplement pas le cas».
Pour le «Deltacron», l’hypothèse laissant entendre que ce serait une «surpuissante incarnation du coronavirus» est «loin d’être avérée». Pourtant, un emballement médiatique de nombreux médias internationaux a marqué tout le week-end suite à l’annonce par un virologue chypriote de la découverte de «personnes à la fois infectées par Omicron et Delta». D’où le nom «Deltacron» qui laisse penser à une inquiétante combinaison des deux variants. Une idée à propos de laquelle la communauté scientifique s’est rapidement montrée sceptique. Plusieurs chercheurs ont souligné qu’il était impossible de retrouver une lignée unique à la grosse vingtaine d’échantillons supposés de «Deltacron». On peut en effet reconstituer, à partir de bases de données alimentées par les chercheurs, l’arbre généalogique, dit «phylogénétique», d’une version du virus. Or, si «Deltacron» existait et marquait l’arrivée d’un nouveau variant, les cas recensés proviendraient d’un tronc commun de mutations successives. Ce n’est manifestement pas le cas et les chercheurs sceptiques émettent une hypothèse plus prosaïque : des échantillons se seraient contaminés lors de leur examen en laboratoire.
Pour le deuxième cas, ce sont «les réseaux sociaux et certains titres de presse» qui «se sont enflammés au tournant de la nouvelle année autour du flurona», surnom donné à la co-infection simultanée à la grippe (flu en anglais) et au coronavirus, relève l’AFP. Cet emballement, issu d’un seul cas, ne tenait pas compte du fait que les cas de doubles infections sont connus depuis le début de la pandémie, «agitant plutôt l’image d’un nouveau virus». Dans ce cas, c’est la vaccination contre les deux, Covid et grippe, qui est recommandée.
Enfin, nombre de médias anglo-saxons et certains autres français, se sont inquiétés début 2022 de l’émergence d’un «variant français», qui présenterait de nombreuses mutations et serait lié à un grand nombre d’hospitalisations dans le sud du pays. Ce variant, identifié comme B.1.640.2, est bien réel et a été repéré par des chercheurs britanniques début décembre. Mais il n’a en réalité été isolé que dans un nombre très limité d’échantillons et il n’y a pas de raison d’établir un rapport avec la situation difficile dans les hôpitaux d’une partie du sud de la France. «Il n’y a eu qu’une vingtaine d’échantillons B.1640.2 pour le moment et on a isolé les derniers en date du 6 décembre», a remarqué le généticien François Balloux, regrettant un emballement «absurde» au sujet de ce variant