Au cinquième jour de la campagne référendaire pour la révision de la Constitution, le président du Parti El Bina, Abdelkader Bengrina, a appelé, hier, le peuple algérien à voter «oui» au référendum populaire sur le projet de la Constitution prévu le 1er novembre, tout en dénonçant encore une fois la constitutionnalisation de la langue tamazight en tant que langue officielle.

Selon, Abdelkader Bengrina, une adhésion massive des citoyens algériens pour la révision de la Constitution apportera «la stabilité et une nouvelle dynamique sociale et économique», en énumérant les points saillants de la nouvelle Constitution, à l’instar des articles portant sur le respect des libertés et la préservation des composantes de l’identité nationale.
Pour rappel, cet appel à voter massivement «oui» du parti d’El Bina pour assurer «le succès du référendum du 1er novembre prochain» a été validé vendredi dernier par le Conseil national consultatif (madjless echoura)
Toutefois, tout en reconnaissant que l’amazighité est une composante inébranlable de l’identité nationale, le président du parti El Bina a, encore une fois, exprimé son rejet de l’article 4 du projet de Constitution, qui stipule que la langue tamazight est langue nationale et officielle, le considérant comme «un héritage de la Constitution d’el issaba».
Noyant le poisson, il a souligné que son parti avait émis la proposition pour «la reconnaissance de toutes les variétés linguistiques pratiquées dans notre pays afin d’éviter les divisions entre les Algériens», en ajoutant que «l’Algérie et la nation algérienne sont une et unies avec sa religion et sa langue, la langue du Coran».
Par ailleurs, dans le sillage des critiques, le président du parti islamique a ajouté de l’eau au moulin des islamistes en ciblant l’article 51, qui porte sur le respect de «la liberté d’opinion» et de «la liberté de culte».
Il estime à ce sujet que ce sont deux concepts complètement différents car si la liberté d’opinion est un acquis constitutionnel à garantir, «la liberté de culte doit obligatoirement être associée au respect de l’islam qui est la religion de l’Etat et une composante fondamentale de l’identité nationale».
Dans ce même esprit, Abdelkader Bengrina a souligné que la garantie du respect des libertés d’opinion des citoyens par les institutions et les autorités publiques tel qu’énoncé dans l’article 34, ne doit pas être «une excuse pour porter atteinte à l’islam ou perturber l’ordre public».
Par ailleurs, le président du parti El Bina a accusé «de duplicités» certains partis sans les nommer et des personnes sur les réseaux sociaux appelant à voter «non» au projet d’amendement à la Constitution. «Ces personnes avaient adoubé la Constitution de 2008 malgré l’obstruction des libertés qu’elle contenait et l’abolition des limitations des mandats présidentiels».
Il est à noter que le parti El Bina, d’obédience islamiste, s’était démarqué depuis des mois en décidant de participer au référendum en votant oui, alors que la majorité des courants islamistes avaient mené campagne pour le rejet de la révision de la Constitution. Au final, Abdelkader Bengrina a déclaré que si le peuple algérien rejette le projet de Constitution, et que c’est le «non» qui l’emporte, il se retirera de la présidence de son parti. n