Le président Abdelaziz Bouteflika a mis en exergue, hier, le désintérêt des jeunes pour l’agriculture, appelant cette frange de la société à s’orienter vers cette activité qui, s’est-il inquiété, se trouve menacée par le vieillissement des agriculteurs.

Il a exhorté «nos jeunes à s’intéresser davantage à cette activité lucrative pour les agriculteurs et capitale pour nous tous, en tant que peuple et en tant que pays», dans son message aux assises nationales de l’agriculture, lu en son nom par le ministre de la Justice et garde des Sceaux, Tayeb Louh. Pour que les jeunes soient sensibilisés et acquis à ses orientations, Abdelaziz Bouteflika a appelé l’ensemble des institutions concernées de l’Etat à «promouvoir la formation dans le domaine de l’agriculture et ses filières dans les différents cycles de notre système universitaire et de formation».
Déplorant le recours «insuffisant» aux moyens techniques garantis par l’Etat dans l’activité agricole, Bouteflika a appelé, à l’occasion, les banques à «encourager les exploitations agricoles» et les investisseurs dans ce secteur à «l’acquisition des moyens modernes, qu’ils soient mécaniques ou à caractère utilitaire» qui puissent permettre d’améliorer les performances en la matière.
Le chef de l’Etat rappellera aussi les mesures prises par les pouvoirs publics pour «réguler le marché de certains produits». Il soulignera qu’en dépit de ces mesures, «notre produit agricole nécessite aujourd’hui une plus forte participation des industries agroalimentaires à l’exploitation de notre produit agricole afin de couvrir les besoins du marché local, d’une part, et offrir des débouchés au produit agricole, d’autre part».
Dans cette logique, il a exhorté les hommes d’affaires et les investisseurs à montrer un «plus grand» intérêt pour «la promotion de nos exportations agricoles».
Au sujet précis de l’exportation, le président de la République fera remarquer que celle-ci est «une activité à part entière nécessitant des capacités et des compétences complémentant le travail des agriculteurs et contribuant à la préservation des équilibres financiers extérieurs».
Dans son message, Abdelaziz Bouteflika a saisi l’opportunité des Assises nationales de l’agriculture pour faire un bilan du secteur agricole depuis son arrivée à la tête du pays, notamment à travers le plan national de développement agricole, mis en place en 2000 dans l’objectif d’«encadrer le renouveau agricole et relancer le secteur, en encourageant les agriculteurs et en mettant à contribution les initiatives privées à travers la mise en valeur des terres et l’investissement», a-t-il rappelé. Louant, au passage, l’apport multiple de ce plan grâce à l’allègement des charges sur les exploitations agricoles collectives, la mobilisation du soutien, aux mesures incitatives en faveur de l’activité agricole dans les différentes régions et de la plupart des créneaux, de l’élevage à la céréaliculture, en passant par la conservation des forêts ainsi que la redynamisation de l’activité halieutique.
«L’effort de l’Etat envers le secteur de l’agriculture s’est consolidé par la révision des lois et règlements en vigueur», a poursuivi le président de la République, soutenant que la loi d’orientation agricole et le texte définissant les modalités d’exploitation des terres agricoles du domaine privé de l’Etat «ont donné une impulsion significative à l’activité agricole en garantissant les droits des propriétaires d’exploitations collectives et en mettant en place des jalons clairs pour favoriser l’investissement dans le domaine de l’agriculture».
Abdelaziz Bouteflika évoquera également le programme de soutien de l’Etat au secteur agricole qu’il avait annoncé en 2009, assurant que «le gouvernement s’emploiera à continuer la mise en œuvre en dépit des contraintes financières actuelles».