Animant, hier, une rencontre avec la presse au siège de son parti à Alger, Amar Ghoul, président de Tajamou amel El Djazaïr (TAJ), a estimé que la coalition présidentielle qui regroupe les quatre partis majoritaires « est appelée à maintenir l’union même après la présidentielle ». Il a rappelé que même si l’objectif premier « est le soutien au président Bouteflika » et les voies et moyens « qui le porteront encore une fois à la magistrature suprême », la coalition « est appelée à agir dans la durée ».

M. Ghoul a indiqué, dans ce sens, que cette coalition « est ouverte aux partis qui partagent la même vision que ses fondateurs », afin « de s’assurer que cet espace de débat convient à tous ». Concernant la crise qui secoue le FLN, un partenaire de TAJ au sein de la coalition, Amar Ghoul s’est refusé à tout commentaire, estimant qu’il ne peut s’ingérer dans les affaires internes d’une autre formation politique. « Le FLN est un parti que nous respectons et la coalition est un engagement entre des formations politiques et non entre des personnes », a-t-il dit, concernant un probable impact de la crise au sein de l’ex-parti unique sur la coalition. Toujours à propos de la coalition, il a indiqué que son parti vise à « consolider les efforts de l’Etat et à fortifier ses institutions ». Il a jugé que les « informations » au sujet du remaniement du chef d’état-major de l’ANP et du chef de l’Exécutif sont qualifiées de rumeurs qui accompagnent souvent chaque élection. « Il faut faire beaucoup de gymnastique pour faire de la politique », a-t-il répondu, en affirmant que « les institutions de l’Etat sont stables et poursuivent leurs activités normalement, en dépit de ces rumeurs, dont celles émises par des personnalités ayant déjà occupé des postes de responsabilité à des fins de positionnement ». A propos du congrès du parti, Amar Ghoul a informé qu’il se tiendra du 13 au 15 décembre prochain à Alger. Il a indiqué que tous les documents et statuts y afférents sont déjà prêts, et que le congrès sera une occasion pour débattre de plusieurs sujets, notamment l’élection présidentielle qui sera présente en force à ce rendez-vous organique de Taj. Ce congrès débattra également de certains défis auxquels l’Algérie fait face et essaiera d’en apporter les solutions. « Il y a six défis que l’Algérie doit relever avec succès, le défi sécuritaire et de la stabilité ainsi que les défis économique, politique, social, culturel et régional », soulignera Amar Ghoul. Pour ce qui est du défi sécuritaire, le même responsable politique a salué les efforts que les éléments de l’armée nationale populaire entreprennent pour réaliser la stabilité et la quiétude. « Dans ce sillage, le parti a plusieurs propositions pour limiter la propagation des idées destructrices ainsi que la consolidation du rôle du service national », a–t-il également affirmé. Pour ce qui du volet économique, le même intervenant dira : « Ce dossier est la priorité des priorités, il faut aller très vite vers la diversification de l’économie nationale. Rien que le secteur industriel représente des opportunités énormes dans le domaine de l’investissement et ce avec un potentiel entre 40 et 50 milliards de dollars ce qui peut contribuer énormément à absorber le chômage dans notre pays ».
Dans le volet social, Ammar Ghoul a affirmé qu’« il n’est plus possible de consacrer 40 milliards de dollars annuellement au profit des transferts sociaux et donc il faut revoir la façon avec laquelle ces transferts sociaux sont attribués et faire en sorte à ce qu’ils touchent seulement ceux qui les méritent ». Amar Ghoul considère aussi pour ce qui est du défi culturel que «l’histoire témoignera du travail que le président Bouteflika a fait pour prendre en charge la question amazighe. Cela a permis de laisser ce dossier loin de toute tentative de récupération politicienne ». Pour ce qui est du volet politique, Amar Ghoul insistera sur la nécessité d’« instaurer une charte déontologique au niveau de la classe politique pour être loin des discours politiciens et loin de l’atteinte à nos constantes et nos intérêts vitaux ». A une question d’un journaliste concernant la récente déclaration d’Issad Rebrab, patron du groupe Cevital, où il accuse « des mains invisibles » du blocage de ses projets, Amar Ghoul a indiqué qu’il « n’a aucun problème personnel avec l’homme d’affaires Rebrab », affirmant n’avoir pas pris connaissance de ses déclarations. Il a rappelé qu’« à l’approche de l’élection présidentielle, chacun fait le choix de son propre candidat et de son programme. Chacun est libre de le faire, qu’il s’agisse de Rebrab ou de quelqu’un d’autre. On est en démocratie ». Ajoutant : « Nous ne nous opposons à aucune personnalité et aucun parti ou candidat, qui sont tous des enfants de ce pays, à une seule condition que les idées qui sont présentées soient basées sur le réalisme, la crédibilité et sur l’intérêt du pays ».