C’est une première depuis la fin février 2020, l’Algérie n’a enregistré aucun cas confirmé de Covid-19 en ce dimanche 17 avril 2022. Il en est de même pour les décès qui, eux, enregistrent zéro cas depuis plusieurs jours consécutifs, soit depuis la fin mars dernier. Ainsi, la situation épidémique de l’Algérie n’a jamais été aussi rassurante depuis un peu plus de deux ans.

PAR INES DALI
La décrue de la pandémie de Covid-19 se confirme chaque jour un peu plus et le bilan sanitaire, publié par le ministère de la Santé, l’atteste quotidiennement. La veille, samedi, un seul cas confirmé a été enregistré, tandis que le reste de la semaine, le nombre de contaminations n’a pas dépassé cinq et le même nombre de malades en soins intensifs depuis plusieurs jours.
Tous les signaux sont au vert et les différents indicateurs mettent en évidence un essoufflement inédit de la pandémie de Covid-19 en Algérie, à tel point qu’elle fait presque croire à sa prochaine disparition. Le constat est qu’elle poursuit son déclin malgré l’absence quasi-totale du respect des gestes barrières, dont principalement le port du masque dans les lieux publics, et l’arrêt de la vaccination. Cette quiétude n’est pourtant pas synonyme que la maladie de Covid-19 a complètement disparu. Elle a certes baissé d’intensité, mais elle est toujours là. «La stabilité dans les cas Covid ne signifie pas la sécurité sanitaire à long terme, car l’immunité naturelle acquise par la population ne dure pas longtemps, à l’inverse de l’immunité vaccinale qui, elle, dure plus d’un an», a commenté Idir Bitam, chercheur et professeur spécialiste en maladies transmissibles et pathologies tropicales, après avoir estimé que la baisse actuelle des cas en Algérie est due à l’immunité naturelle. Il prévoit que la prochaine vague sera légère, car «le virus a faibli et ne se montre plus avec la virulence d’avant». Il a tenu à noter que «le virus ne va pas disparaître car il s’est adapté à l’homme» et que «chaque mois une nouvelle mutation apparaît». Pour sa part, le Dr Mohamed Bekkat-Berkani a rappelé avoir prévu, sur les colonnes de Reporters, que c’était bientôt la fin de l’épidémie et qu’on allait vers la diminution des cas. La situation épidémique qui s’est améliorée, il l’explique par la vaccination et l’immunité naturelle. «Il y a une partie de la population, soit un tiers, qui est vaccinée. A cela s’ajoute une autre partie qui a attrapé le virus et qui a été soignée, soit en hospitalisée, et on connaît les chiffres, soit en prenant les médicaments chez soi. Il reste alors une autre partie de la population qui a fait un Covid tout à fait inaperçu, qui a été confondu avec une simple rhinite et puis tout est rentré dans l’ordre». Mais il se trouve que le citoyen, dans ce dernier cas, a transmis le virus sans s’en rendre compte, selon Dr Berkani. Alors finalement, «nous sommes arrivés à une espèce d’immunité naturelle qui est compliquée dans sa transition, mais le résultat des courses c’est que le virus en lui-même n’a pas su comment trouver une porte de sortie. Au fur et à mesure, il y a eu plus de personnes atteintes sans s’en rendre compte. Et ajoutez à cela, les confinements qu’on a eus ainsi que les mesures barrières et autres, ont fait que la situation s’est améliorée et que c’est la fin de l’épidémie en Algérie».

Prudence toujours de mise malgré l’optimisme
«On peut dire que la pandémie de la Covid-19 est derrière nous», a affirmé, de son côté, le Pr Ryad Mahyaoui, membre du Comité scientifique chargé du suivi et de l’évolution de la pandémie Covid-19. «Cette situation de zéro cas est le fruit des mesures prises par les hautes autorités du pays, et on peut dire que le virus est vaincu», a-t-il ajouté, hier, sur les ondes de la Chaîne III de la Radio nationale, argumentant qu’aucun cas n’a été dénombré sur l’ensemble du territoire algérien dimanche. Il a estimé que l’Algérie se trouve actuellement dans une situation épidémique «très confortable», soulignant que «c’est le résultat de toute la stratégie de lutte contre la Covid-19, instaurée par les autorités supérieures en harmonie totale avec les scientifiques et le corps soignant, en général».
Malgré tout son optimisme, le Pr Mehyaoui a relevé que la situation actuelle ne signifie nullement que la pandémie est complètement éliminée, d’autant plus qu’elle continue de sévir dans d’autres pays qui enregistrent une hausse des infections ces derniers jours. «L’Algérie suit, d’ailleurs, de très près l’évolution de la pandémie dans le monde», a-t-il rassuré. Un autre spécialiste transmet le même message de prudence. «Depuis un mois environ, l’Algérie connaît une diminution du nombre des infections Covid et, aujourd’hui, les cas sont devenus quasi inexistants», a déclaré le chef du service des maladies pulmonaires de l’hôpital de Rouiba, Dr Abdelbasset Ketfi. Toutefois, a-t-il poursuivi, «la situation épidémique devra être suivie avec attention pour pouvoir faire des prévisions en cas d’émergence de nouvelles souches du virus». Dans le même contexte, le chef de service consultations Covid-19 au CHU de Constantine, Dr Salim Bentaldjoun, a insisté sur la poursuite du processus de vaccination affirmant qu’il faut «poursuivre la vaccination car l’épidémie est toujours présente».