Par Hamid Bellagha
Tous les pays producteurs de gaz ont négocié les prix de leur gaz en fonction des nouvelles données économiques et géopolitiques induites par la pandémie, d’abord, puis, et surtout, par la guerre en Ukraine. Une situation qui fait exploser les prix des énergies fossiles, singulièrement depuis l’imposition des sanctions occidentales contre la Russie et la réponse de cette dernière à l’Union Européenne par un arrêt des livraisons de gaz.
L’Algérie s’est mise de la partie en renégociant le prix de son gaz qui n’est plus livrable par spot mais suivant les évolutions du marché. Le prix qui a presque triplé, selon les spécialistes, a été admis par les principaux clients, comme la France et l’Italie, mais l’Espagne, qui n’a pas rechigné sur l’augmentation, veut négocier la durée. Ce qui a envenimé encore plus les relations entre Alger et Madrid, déjà mal en point depuis l’alignement du gouvernement Sanchez sur les thèses marocaines concernant le Sahara Occidental.
L’Espagne, qui était le plus gros client de l’Algérie, un pays ami et avantagé, a perdu son aura pour les raisons énumérées. Le gouvernement espagnol a bien tenté de rectifier le tir, mais ses tergiversations politiques n’ont pas convaincu El Mouradia.
Plus bas sur la mappemonde, l’Italie du fond de sa botte se félicite de l’accord passé avec Alger et est passée au stade de privilégiée. En témoigne la coopération entre les deux pays sur la recherche d’hydrocarbures et l’augmentation substantielle de la livraison de gaz à Rome. La négociation sur la révision des prix n’a pas traîné, de même qu’avec la France, et l’Italie se retrouve ainsi le premier, et pour le moment, le seul pays de l’UE à avoir assuré un hiver chaud à ses habitants.
La France aussi est plus ou moins à l’abri d’une pénurie de gaz même si elle prévoit déjà des restrictions sur l’électricité et le gaz pour la saison froide.
Des situations diverses chacune induite par un «comportement» politique différent. Si la France a su rectifier le tir suite à sa brouille avec l’Algérie, et si l’Italie a su renforcer sa place dans l’échiquier en passant des accords historiques avec l’Algérie, l’Espagne n’a plus que les yeux pour pleurer la situation énergétique dans laquelle elle se débat depuis la volte-face de Madrid, elle, qui avait le privilège d’une «ligne directe» avec les champs gaziers algériens.
A chacun d’assumer donc les conséquences de ses actes.