Par précaution et respect des mesures sanitaires anti-Covid, les autorités locales ont décidé de donner instruction aux professionnels du secteur à Béchar d’annuler les réservations d’hôtel et d’interdire les voyages et déplacements organisés durant la période allant du 28 décembre 2020 au 2 janvier 2021. Taghit, principale destination de la région, sera la plus durement impactée.

Cette année Taghit n’ouvrira pas ses portes aux nombreux touristes, qui viennent de partout, fuyant la grisaille, les embouteillages, le stress quotidien et la vie maussade, pour passer le réveillon aux pieds des majestueux palmiers d’une oasis ombragée, située à l’Ouest du Grand Erg occidental entre Béchar et Beni Abbès. En effet, au moment où de nombreux touristes algériens s’apprêtent à passer le réveillon dans le Sud, la direction locale du tourisme et de l’artisanat annonce l’annulation de toutes les réservations dans les hôtels et les voyages organisés, durant la période du 28 décembre 2020 au 02 janvier 2021. Cette décision qui vient juste après la réunion de la commission de sécurité de la wilaya serait liée à la situation sanitaire et à la loi interdisant les regroupements dans notre pays. Selon des représentants de la société civile, l’annulation des voyages organisés vers la wilaya de Béchar permettra d’éviter une hausse des contaminations dans cette région du Sud du pays qui n’est pas touchée par les mesures de confinement décidées par les hautes autorités. A Taghit, de nombreux touristes sont déjà au niveau des sites touristiques et tiennent à s’offrir quelques jours de repos et fêter le passage au nouvel an, entre amis ou en famille, sur une dune de sable ou dans une palmeraie. Pour les habitants de cette région touristique, l’annulation de toutes les réservations dans les hôtels poussera les visiteurs à choisir d’autres lieux d’hébergement moins contrôlés tels que les kheimas et les maisons d’hôtes, voire les bivouacs pour certains sites. Contacté, un ancien guide touristique nous a déclaré qu’après une année sous pression à cause de la pandémie de la Covid-19, la situation ne s’améliorera pas avant des mois «même si certains professionnels vont tenter de limiter les dégâts en proposant des produits et des circuits en petit format». Le responsable d’une agence touristique qui a l’habitude d’organiser des séjours au Sud nous a d’ailleurs signalé que depuis le début du mois de décembre, son agence a tracé un programme spécial réveillon dans la région de la Saoura, en ayant un groupe réduit et en respectant le protocole sanitaire, et éviter des problèmes avec l’administration. «J’ai joué la carte de la prudence en réduisant de moitié le nombre de touristes et de visiteurs», a ajouté ce responsable qui affirme être sur le terrain depuis une semaine déjà. Mais il dit craindre de «nouvelles restrictions susceptibles de suspendre totalement le programme tracé». D’autres directeurs d’agences touristiques nous ont déclaré que «les autorités locales auraient pu les prévenir» dès le début du mois de décembre, «afin de ne pas pénaliser leurs agences déjà en grandes difficultés et des clients qui ont déjà payé leurs séjours».
La plupart des professionnels du secteur du tourisme local, «scandalisés» pour certains «en raison du retard pris par la wilaya d’informer les concernés», espèrent l’être «mieux à l’avenir et pour ce qui concerne le début de l’année 2021». Contacté, un membre actif de la société civile de la ville de Taghit nous a, en effet, rappelé que cette daïra, qui regroupe plusieurs sites touristiques de premier plan, «peut proposer jusqu’au printemps et durant toute l’année des activités touristiques variées» à condition que «tout soit sérieusement préparé» en ces temps de risques sanitaires. D’ici là, le constat est pessimiste. Après l’annulation de toutes les fêtes religieuses, culturelles, agricoles ainsi que le tourisme dit thérapeutique, le moral des opérateurs locaux et des habitants qui se sont mis dans le marché du «gîte et du couvert» est au plus bas. Chômage et précarité n’ont jamais été aussi manifestes.