Le Syndicat national des agences de voyages (Snav) appelle à la création d’une « police touristique » chargée de la sécurité des touristes dans le Grand Sud algérien.

Cet appel a été lancé hier par le président du syndicat, Bachir Djeribi, qui estime que le retour performant de l’activité touristique dans cette partie importante du pays passe par une sécurisation des sites recherchés par la clientèle. M. Djeribi n’a pas précisé le sens de son propos notamment sur la nature et l’effectif de cette police – si par exemple elle doit être constituée de membres de services de sécurité de l’Etat (police et gendarmerie)- mais il a indiqué que ce corps, s’il vient à être créé, « doit être rattaché au ministère du Tourisme ».
Selon le président du Snav, une police touristique aura vocation de défendre un « double intérêt » : celui de la sécurité, bien entendu, et celui du «produit touristique », qu’il convient de préserver par une surveillance efficace, mais discrète de façon – c’est ce qu’il a suggéré sans le dire – à ne pas faire sentir au touriste qu’il est dans un environnement anxiogène ou à risque. Bachir Djeribi considère également que la tutelle doit intervenir sur la question des guides touristiques sahariens et ceux activant dans l’ensemble des territoires touristiques et à valeur culturelle et historique du pays. « La police touristique existe partout dans le monde, l’Algérie ne doit pas faire exception », a-t-il souligné.
Pour lui, «le guide national est une aberration». Il faut désormais parler de « guides locaux» qui connaissent les régions qu’ils font visiter aux touristes. « Il y a des guides nationaux qui n’ont qu’une connaissance superficielle des régions et des sites pour lesquels ils sont destinés. Ils ne peuvent pas remplacer les locaux qui sont ancrés dans leur environnement jusqu’à la plus petite anecdote. Ce sont ceux-là qui contribuent à la vente de nos produits touristiques au Sahara comme dans les autres régions d’Algérie », a déclaré Bachir Djeribi en marge de la journée d’études sur l’hôtellerie, hier à Alger. Selon lui, la notion comme la profession de « guide national est un échec flagrant. Les touristes ont le droit d’avoir de véritables guides et de véritable agences spécialisées. Cela passe par la réhabilitation du guide local et l’évaluation de la spécialisation du voyagiste. On empêchera aussi bien l’arnaque que ceux qui souhaitent continuer d’opérer dans l’anonymat ».
A propos de la journée d’études sur l’hôtellerie, l’évènement a vu la participation du ministre de la Formation professionnelle,
M. Mohamed Mebarki, et du ministre du Tourisme et de l’Artisanat, M. Abdelkader Benmessaoud, ainsi que du wali d’Alger Abdelkader Zoukh et du wali délégué d’Hussein Dey, du maire de la commune et de représentants des organismes hôteliers et d’agences de voyage. Les deux ministres ont signé deux conventions de partenariat. La première concerne la direction de la formation de la wilaya d’Alger et la direction du tourisme de la wilaya d’Alger. La seconde engage la direction de la formation professionnelle de la wilaya d’Alger et le Syndicat national des agences de voyages (Snav).
La nouveauté contenue dans ces deux conventions réside dans le cadre de la formation à la carte des futurs employés, que ce soit dans les hôtels ou dans les agences de voyages. Désormais, la formation professionnelle se fera en aval et non pas seulement en amont, prenant en considération, ainsi, les réels besoins des organismes hôteliers et des agences de voyages en matière des ressources humaines. Pour Mohamed Mebarki, l’objectif de cette journée est «la recherche des meilleures méthodes pour la promotion des compétences des employés issus des établissements touristiques et hôteliers, à travers la participation des secteurs de la formation et de l’enseignement professionnels à améliorer leurs capacités et leurs performances». M. Mebarki a rappelé à ce sujet que «de nouvelles entreprises économiques hôtelières ont ouvert leurs portes cette année ainsi que la réception de 38 nouvelles agences de voyages». Cela représente, a-t-il expliqué, un besoin en formation dans les métiers de l’hôtellerie, de la restauration et autres. Le ministre du Tourisme et de l’Artisanat, Abdelkader Benmessaoud, a indiqué que la formation professionnelle rentre dans les priorités de son département. Le wali d’Alger Abdelkader Zoukh a indiqué « au niveau de la wilaya d’Alger 90 établissements hôteliers sont en cours de réalisation ce qui permettra, ainsi, la création de 8 000 postes de travail permanents». n