Pour le directeur du tourisme au ministère du Tourisme et de l’Artisanat, Sofiane Zoubir, ce sont la cherté des billets d’avion et les difficultés d’obtention des visas pour l’Algérie, plus que la promotion défaillante, qui freinent le tourisme dans notre pays.

Invité, hier, au forum d’El Moudjahid, il a assuré qu’avec des tarifs de transport aérien algérien concurrentiels, aujourd’hui parmi les plus chers au monde, et des visas plus facilement octroyés, les touristes étrangers ne bouderont plus la destination Algérie et leur nombre dépassera les 3 millions/an en moyenne. «Le marketing, la promotion, certes, c’est important. Mais comment en tirer profit quand on affiche les billets les plus chers au monde ? Même au niveau national, on table sur le domestique mais, à côté, on a des billets Alger-Tamanrasset à 35 000 DA alors que Paris-Tamanrasset est à 18 000 DA !», indique-t-il, appelant à la nécessité de travailler sur une stratégie des prix en matière de transport aérien dans le tourisme. Cette problématique fera l’objet, selon lui, d’une rencontre nationale sur le tourisme, prévue à la fin du mois de juillet-début août, entre les agences de voyages, les hôtelleries, les guides… «Cette rencontre sera exclusivement animée par des acteurs du tourisme et non par des administratifs. Il ne s’agit pas de redire ce qui a été dit lors des assises nationales du tourisme tenues l’an dernier.
Mais d’adapter les problématiques soulevées à la conjoncture économique et politique actuelle qui n’a rien à voir avec celle de 2018», explique-t-il. Pour ce qui est de la saison estivale, elle se présente sous de bons auspices, d’après lui, et ce, grâce à la politique de réduction des tarifs, dans les infrastructures hôtelières publiques notamment.
«Quand le Hirak populaire s’est enclenché, nous avons mené une enquête auprès des responsables d’infrastructures hôtelières et nous avons constaté que ces établissements ont perdu beaucoup de clients. Mais au mois de juin, après la fête de l’Aïd el Fitr, il y a eu une reprise de fréquentation de ces hôtels et des agences de voyages», fait-il savoir, soulignant que certains hôtels, privés et publics, affichent déjà complet grâce à cette politique promotionnelle de réduction, entre 25 et 40%, des tarifs. Toujours à propos des hôtels, il estime que si leurs prix demeurent chers par rapport à une bourse moyenne, c’est parce que la demande est toujours supérieure à l’offre et que les investisseurs n’ont qu’une dizaine d’années pour rembourser leurs crédits, alors qu’en Tunisie les délais proposés sont de 25 ans. «Dans les plans de réaménagement des zones d’extension touristiques, qui ont nécessité une enveloppe de 180 milliards de centimes, nous avons introduit plusieurs types de structures d’accueil, des hôtels 4 étoiles comme des sites camping. Le but est de diversifier les formules d’hébergement tout en répondant à toutes les bourses», soutient-il, précisant que le secteur table, au cours de 2019, sur 3,5 à 4 millions de touristes étrangers non issus de la diaspora.
Par ailleurs, une convention sera bientôt signée entre le groupe GHTT et les agences de voyages du Sud du pays afin que les habitants du Sahara puissent bénéficier de voyages promotionnels vers le Nord du pays.n