Les fêtes de fin d’année approchent à grands pas. C’est la période tant attendue par les agences de voyages spécialisées dans les destinations du sud du pays et ces opérateurs se réjouissent de la reprise des vols domestiques après des mois d’interruption en raison de la crise sanitaire. Seul bémol, les tarifs pratiqués pour les vols sur Djanet et Tamanrasset sont jugés «répulsifs» et «décourageants» par une clientèle qui, sous l’effet de l’inflation touchant les prix du gîte et du couvert, devra payer plus cher son séjour.

D’après les opérateurs de voyages, les demandes vers Djanet et Illizi pour la semaine de fin d’année et du Nouvel An ont, en effet, afflué dès l’annonce de la reprise des vols domestiques d’Air Algérie. Ces centaines de réservations ont mis du baume au cœur des gérants d’agence de voyages du Grand-Sud, qui espèrent faire du chiffre d’affaires et limiter les dégâts financiers occasionnés par la crise sanitaire. Les tarifs qu’ils annoncent pratiquer pour cette période affichent une hausse sensible expliquée par le relèvement récent des prix du carburant et des produits alimentaires.
Ainsi, un séjour à Djanet coûtera en cette fin d’année 2020 entre 5 000 et 6 000 DA/jour, mais «plus le groupe est nombreux plus les prix sont moins chers», tentent de rassurer de nombreux voyagistes qui rappellent que plus «le volume des touristes de fin d’année est important moins est la valeur de ce qu’ils doivent payer». Pour pratiquer une fourchette des prix plus attractive, ces mêmes opérateurs comptaient sur la convention signée récemment entre le ministre du Tourisme, de l’Artisanat et du Travail familial et la compagnie Air Algérie pour la réduction de 50% des prix des vols vers le Sud. Le but de cette convention, effective entre les mois d’octobre et mars, est de promouvoir le tourisme national et saharien.
«Nos clients étaient contents à l’idée de payer les billets à moitié prix. Avec la crise sanitaire, le pouvoir d’achat s’est affaibli et cette convention est donc tombée à point nommé. Mais notre joie et celle de nos clients furent de courte durée puisqu’Air Algérie refuse d’appliquer pour le moment cette convention», explique un voyagiste de Kouba en relation d’affaires avec ses homologues établis à Djanet. Résultat : les prix définitifs des vols vers le Sud ne sont pas encore établis et les réservations non encore confirmées. Certains responsables d’agences de voyages affirment que la plupart de leurs clients refusent de payer le billet à 30 000 DA. «Dans une dizaine de jours, si cette convention n’est pas appliquée et le prix du ticket d’avion fixé à 17 000 DA, nous allons perdre la plupart de nos clients. Beaucoup vont annuler, alors que d’autres vont se tourner vers d’autres destinations, comme Timimoune et Taghit, moins chères puisque le transport s’effectue par route», témoigne un opérateur basé à Tamanrasset.
Air Algérie, qui souffre de la crise sanitaire et affirme que sa trésorerie est en danger, a annoncé récemment que la réduction des coûts des billets à 50% n’est pas à l’ordre du jour. La reprise des vols étant encore récente, a-t-elle indiqué, et vu la conjoncture causée par la crise sanitaire, il est encore trop tôt pour se prononcer sur l’application de cette convention. Ce qui n’arrange évidemment pas les opérateurs du Sud dont la plupart ont été obligés de vendre leurs véhicules et même leurs matériels pour subsister jusqu’au dénouement de la crise. «Le problème qui se pose pour nous ne se limite pas à la non-application de cette convention. Depuis quelques jours, on a constaté que les agences de voyages ne peuvent pas réserver de sièges. Le système qui leur est dédié est tout simplement bloqué pour des raisons qu’on ignore. Air Algérie ne s’est pas expliquée à ce sujet», dénoncent-ils. Par ailleurs, signalent-ils, les dates de retour pour les vols vers le Grand-Sud sont limitées au 31 décembre 2020. «Si nos clients vont dans le Sud, c’est surtout pour passer le réveillon dans le désert ! Si on les oblige à revenir le soir du réveillon, ils vont tous se désister», dénonçant une injustice et une «mesure ridicule» envers les agences de voyages privées. Selon eux, l’Office national algérien du tourisme (Onat) a bénéficié d’une réduction exceptionnelle des prix des billets et leurs dates de retour sont fixées au-delà du 31 décembre 2020.