La fermeture des plages et des espaces de loisirs va davantage «plomber» la saison estivale 2021. D’après le président du Forum des agences de voyages, Mohamed Chaïb, bon nombre d’opérateurs du tourisme local ont acheté des nuitées dans des hôtels, à l’ouest du pays, payées cash.

Par Fazil Asmar
«Les chambres sont achetées à l’avance et il n’y a aucun moyen de récupérer l’argent investi. Avec la fermeture des plages, des groupes d’estivants se sont désistés, ce qui est normal. Que feront les touristes dans des hôtels où ils n’auront accès ni à la piscine ni à la plage ni au restaurant à l’extérieur et aux autres lieux de loisirs ?», a-t-il affirmé.
Certaines agences de voyages, très optimistes au début de la saison estivale, se sont endettées pour lancer leurs produits, louer des places chez les particuliers dans des appartements privés et acheter des chambres dans les hôtels et les complexes touristiques. «De l’argent perdu ! Ils ne peuvent ni récupérer ce qu’ils ont versé ni rembourser leurs dettes ! Si les plages et les espaces de loisirs, comme les aquaparcs, ne sont pas ouverts durant tout le mois d’août, ce sera le coup de grâce pour ces agences», prévient-il !
La demande, cette année, est surtout concentrée sur l’ouest du pays : Oran, Mostaganem, Aïn Témouchent… Les agences de voyages ont élaboré leurs programmes en fonction de cette demande et investi leurs «pécules» dans ces destinations. «Si, il y a deux mois, il y avait un espoir que l’activité des voyages reprenne, cet espoir s’est évaporé avec la hausse des contaminations et la fermeture des plages», contaste-t-il encore.
L’agence «Voyage du cœur» confie avoir reporté les séjours dans l’ouest du pays. Les départs vers Mostaganem, Oran, Tlemcen et Aïn Témouchent étaient prévus à partir du 1er août. «J’ai reporté les premiers voyages au 10 août. Peut-être que la situation sera plus stable d’ici là et que les contaminations amorceront une baisse et que les plages seront rouvertes. On agira en fonction de la situation», souligne la gérante de cette agence. Fort heureusement, poursuit-elle, elle a investi dans des produits à l’est du pays, Annaba, El Kala et Skikda, là où les plages ne sont pas fermées. «C’est une chance que les plages dans ces villes, peu affectées par la pandémie, soient restées ouvertes ! Mais le problème qui se pose est que, à cause de la hausse des contaminations et des décès, on a du mal à constituer des groupes de touristes. Nous subissons beaucoup d’annulations», déplore-t-elle.
Il sera difficile, explique le président du Forum des agences de voyage, aux opérateurs du tourisme, ayant investi dans les destinations de l’ouest de réorienter leurs produits vers l’est, dans les villes où les plages ne sont pas fermées. «Premièrement, ils n’ont pas les moyens financiers pour acheter des chambres dans les infrastructures hôtelières ou chez des particuliers et deuxièmement, il ne sera pas aisé de trouver des places dans les complexes avec lesquels les agences de voyage ont signé des conventions pour réduire les tarifs au maximum», dit-il. Dans ces conditions, déplore-t-il, l’avenir des agences de voyage est «flou». «Surtout qu’on ne peut pas s’attendre à un soutien de la part des pouvoirs publics en cette période de crise», conclut-il. n