Le Président de la République Abdelmadjid Tebboune avait, lors de la Conférence nationale sur la relance économique, organisée le 16 août dernier, annoncé des objectifs ambitieux consistant à développer les exportations hors hydrocarbures à hauteur de 5 milliards de dollars en 2021 et à réduire la dépendance aux hydrocarbures à au moins 80% à partir de 2022. Ces objectifs étaient au cœur d’une rencontre, mardi dernier, du chef de l’Etat avec des représentants du patronat. C’était aussi l’occasion pour lui et ses hôtes d’examiner des questions relatives à la relance de l’économie nationale, comme l’indique un communiqué de la Présidence sans toutefois préciser les noms des organisations patronales présentes à cette rencontre.
On lit par ailleurs dans le communiqué qu’après des exposés exhaustifs, présentés par les représentants des confédérations, sur la situation de leurs activités industrielles et économiques, le Président de la République a donné plusieurs orientations. Le chef de l’Etat a en effet instruit sur «la nécessité de continuer le travail afin d’augmenter la production nationale dans les secteurs publics et privés, la préservation des emplois dans les différents domaines économiques et industriels, particulièrement, après l’amélioration de la situation sanitaire, ce qui aide à relancer la dynamique économique, notamment, les activités en lien avec la vie quotidienne des citoyens». Comme le Président a souligné «l’importance de continuer à améliorer et développer la production agricole et sa diversification, afin qu’elle couvre les produits importés actuellement, tels que la poudre de lait, la viande, le sucre, l’huile et les aliments (pour bétail, ndlr)». Il a également instruit de «lancer l’exportation de produits fabriqués localement pour atteindre l’objectif tracé pour l’année 2021, afin de réaliser une augmentation comprise entre 2 et 3 et atteindre les 4 milliards de dollars d’exportations hors-hydrocarbures, et donner une importance particulière à l’exportation aux pays africains et la création de représentations des banques algériennes (à l’étranger, ndlr)», lit-on dans le communiqué de la Présidence. Concernant le secteur bancaire, il a appelé à ce qu’il joue un rôle plus efficace pour soutenir la production nationale et faciliter l’affectation des investisseurs nationaux». Comme il conjure d’éliminer toutes les formes de bureaucratie et les procédures lentes et obstructives pour l’économie nationale». Pour ce faire, le Président a instruit de «travailler à la numérisation du secteur financier, notamment, les domaines de l’Etat, les impôts et les Douanes, dans les délais les plus brefs délais, afin de parvenir à une transparence totale dans les différentes transactions». Sur la question du foncier, le chef de l’Etat indique que «toutes les mesures nécessaires sont prises au niveau central et local pour faciliter l’obtention du foncier nécessaire à l’implantation des investissements et à la création de nouveaux emplois dans tout le pays».
On lit enfin dans le communiqué que le Président a insisté sur le fait que «l’avenir de l’économie nationale réside dans la construction d’une industrie compétitive, d’une agriculture diversifiée et d’un secteur des services de pointe, ce qui constituerait une alternative réelle et durable pour sortir d’une dépendance excessive aux revenus des hydrocarbures».
Samy Agli : «la réunion était importante»
Cela dit, il importe de savoir que le président de la Confédération algérienne des employeurs citoyens (CAEC) a livré, hier mercredi, sur les ondes de la Radio nationale Chaîne I, son approche sur ladite rencontre. Déclarant en substance que la transition vers un nouveau modèle économique est devenue une nécessité, et non une option, pour relancer l’économie nationale. Comme il considère que «la réunion du président Abdelmadjid Tebounne avec des représentants des confédérations patronales pour discuter des questions liées à la reprise de l’économie nationale, a été très importante». Révélant dans ce sens que «le Président de la République leur a donné des orientations très importantes pour promouvoir le nouveau modèle économique et la manière dont toutes les forces contribuent au plan de relance économique». Il a ajouté que le Président a donné plusieurs directives aux représentants des fédérations d’employeurs et leur avait fixé des priorités afin de bâtir une industrie compétitive, une agriculture diversifiée et un secteur des services sophistiqué, ce qui serait une véritable alternative à la dépendance des recettes énergétiques. D’autre part, le patron de la CAEC a souligné qu’«il est devenu nécessaire de rompre avec l’économie rentière en généralisant l’utilisation de la numérisation dans les transactions, en renforçant les services et en diversifiant le tissu économique». «Pour y arriver, cela exige des préalables avec en priorité la stabilité du système juridique pour donner confiance aux investisseurs algériens et étrangers», a-t-il conclu.
«La relance économique exige de profondes réformes», jugent
des industriels
Notons que Reporters a tenté de se rapprocher de la Confédération générale des entreprises algériennes (CGEA) et la Confédération des industriels des producteurs algériens (CIPA) pour nous livrer leurs points de vue sur la rencontre, en vain. Par contre, des industriels affiliés à ces deux confédérations, contactés par nos soins, se rejoignent à dire qu’il serait difficile de concrétiser sur le terrain les objectifs annoncés selon le timing fixé. «Mais cela reste possible à moyen terme, c’est-à-dire dans au moins trois ou quatre ans», jugent-ils. A propos de la relance de l’économie, nos locuteurs estiment que «cela demande une réorganisation du tissu économique dans son ensemble». Autrement dit «procéder à des réformes adéquates aux objectifs fixés et sur la volonté de le faire par toutes les parties prenantes», nous ont-ils confié à l’unanimité. n