Le doute sur les performances et la suspicion autour de certains coureurs continuent de peser sur le cyclisme en général et le Tour de France tout particulièrement. Net leader de cette édition 2021, Tadej Pogacar a récupéré ce fardeau que d’autres ont endossé ces dernières années. Comment redonner confiance ? Pour Roger Legeay, patron du MPCC, les contrôles ne suffisent pas.
«La suspicion est le grand sujet du cyclisme d’aujourd’hui», a estimé le président du Mouvement pour un cyclisme crédible (MPCC), Roger Legeay, à quatre jours de la fin du Tour de France. «On voit bien que les contrôles sont faits», a déclaré à l’AFP le président du MPCC, présent hier au départ de la 17e étape à Muret. «Mais la suspicion reste et il faut la diminuer, la réduire le plus possible».
Le MPCC, en pointe sur l’antidopage, demande à ses adhérents de respecter des règles plus strictes que celles en vigueur. Lancé en 2007 sur la base du volontariat, il regroupe notamment 14 des 23 équipes participant au Tour. Parmi les neuf équipes qui n’en sont pas membres figurent plusieurs des formations les plus performantes du peloton, entre autres UAE, dont le leader slovène Tadej Pogacar porte le maillot jaune, Ineos, Jumbo, Deceuninck et Bahrain ainsi que BikeExchange, Astana, Movistar et Trek.

ON PEUT REGRETTER QUE DES ÉQUIPES AIENT QUITTÉ LE MPCC
«Comment faire pour chasser la suspicion ?», a poursuivi Roger Legeay. «Cela ne passera pas par les contrôles puisqu’ils sont faits. Les seuls qui peuvent faire quelque chose de plus sont les patrons des équipes, les responsables directs ou les sponsors». «Pour notre part, nous n’avons jamais été pris en défaut même si on peut regretter que des équipes aient quitté le MPCC», a ajouté son président.
Par le passé, UAE et Jumbo (sous son nom antérieur) ont fait partie du Mouvement pour un cyclisme crédible qu’elles ont quitté ensuite pour s’affranchir de règles jugées trop strictes par rapport au réglement de l’Union cycliste internationale. Roger Legeay a précisé que des contrôles de cortisolémie, pour détecter l’éventuelle utilisation de corticoïdes, ont été pratiqués à deux reprises jusqu’à présent sur le Tour de France, à l’initiative de son mouvement.