Par Feriel Nourinei
Dans leur quête d’une alternative à la production russe de pétrole, qui peine à arriver à bon port dans des circuits d’acheminement fortement perturbé par la guerre en Ukraine, les Occidentaux sont en train de privilégier la destination Golfe où de gros producteurs posséderaient des capacités pour renforcer l’offre mondiale.
Et qui dit pays du Golfe, dit quasi-systématiquement membres de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole et ses géants, dont le chef de file saoudien ou encore les Emirats arabes, alors que le Qatar est, de son côté, courtisé pour ses capacités en GNL susceptibles de pallier une partie des grosses livraisons russes si celles-ci venaient à s’arrêter.
Il devient clair que dans cette tentative occidentale d’obtenir plus de brut chez de grosses pointures de l’Opep, c’est surtout un écartement, voire une isolation, de la Russie que les responsables des pays consommateurs veulent assurer. Celle-ci passerait par un avis favorable des pays démarchés, qui viendrait casser la cohésion au sein de l’Opep+ où le géant russe est, quant à lui, chef de file des pays non-Opep, et artisan principal avec l’Arabie saoudite dans l’édification de cette cohésion. Laquelle aura permis à l’alliance de faire front aux pressions qui se répètent pour l’obliger à abandonner son approche du marché et assouvir les appétits énergivores des pays qui les actionnent constamment.
Sauf qu’en cette veille de retrouvailles mensuelles des ministres de l’Opep+, la période semble, une nouvelle fois, tout à fait déconseillée pour les manœuvres politiques et géostratégiques occidentales qui, en plus de vouloir affaiblir davantage Moscou par l’usage de sanctions indirectes, semblent assez clairement s’inscrire dans une stratégie de guerre menée en premier à l’alliance. L’objectif étant de faire exploser une force qui s’est distinguée dans le secteur pétrolier depuis sa création en 2016 et dont le rôle a grandement gagné en rayonnement à travers le programme de réduction qui a permis de faire sortir le marché de son effondrement causé par la pandémie, puis de le relancer vers des sommets forts satisfaisants pour les pays producteurs. Dont les ténors de l’Opep qui tiennent trop à l’Opep+ pour oser s’en passer.