A quelques heures de l’ouverture, prévue demain, de la nouvelle législature issue des élections législatives anticipées du 12 juin, les tractations vont bon train parmi les formations politiques qui comptent un nombre significatif de députés, notamment pour le poste le plus en vue, à savoir celui de la présidence de l’APN.

PAR NAZIM B.
Le fait qu’aucune formation n’a eu la majorité parlementaire semble ainsi donner de l’appétit à toutes ces formations qui lorgnent le perchoir de l’hémicycle Zighout-Youcef. Ce poste peut ainsi échoir au FLN, qui a eu le plus grand nombre de députés (98 sièges). Son secrétaire général ne cache pas l’ambition à ce qu’un de ses élus dirige la chambre basse du Parlement. Le MSP, troisième au classement des législatives (65 sièges), prétend lui aussi à la présidence de l’APN, si l’on se fie aux déclarations de son premier responsable qui tente de capitaliser, à sa manière, sa participation à cette joute électorale, les résultats obtenus ainsi que ses consultations avec le président de la République dans le cadre de la formation du futur gouvernement.
Entre les deux formations, il y a le «bloc» des indépendants qui, en plus de son poids par le nombre (84 sièges), semble pouvoir bénéficier d’une place importante dans l’Assemblée de la nouvelle mandature.
Plus d’un paramètre participe ainsi à maintenir incertain et ouvert les scénarios quant au nom qui héritera de la présidence de l’APN parmi les 407 nouveaux élus dans une compétition marquée par un faible taux de participation. Cela n’empêche pas, cependant, de voir les partis (FLN-MSP-RND-Front Mostakbel- El Bina) se montrer plus qu’exigeants dans la finalité de se placer confortablement dans l’échiquier politique.
Des indiscrétions indiquent que ces formations politiques, en plus de leur course effrénée pour des postes clefs à l’APN, ont fait preuve d’ambitions «démesurées» dans leurs entrevues avec Tebboune en vue de la formation du nouvel Exécutif attendu justement juste après l’installation des députés.
On parle, dans ce sens, de la possibilité de voir certains nouveaux députés hériter de postes ministériels dans le staff d’Aïmene Benabderrahmane, notamment pour les formations qui ont candidaté de «véritables compétences» et sans formuler d’exigences pour le département souhaité. «Les partis se sont montrés exigeants en termes de nombre de portefeuilles à prendre dans le nouvel Exécutif, mais aussi en termes d’importance des départements à gérer», indique-t-on de bonnes sources, citant le FLN et le RND, qui auraient misé sur un nombre considérable de ministères.
En tout état de cause, l’annonce du nouveau gouvernement ne saurait intervenir avant l’officialisation du début du mandat parlementaire. Pour ce faire, le Bureau provisoire de l’APN a tenu hier une réunion pour arrêter l’ordre du jour de la séance d’ouverture de la 9e législature et débattre des procédures de formation de la Commission de validation de la qualité de membre, selon un communiqué de la chambre basse du Parlement.
Cette dernière a précisé que le Bureau provisoire de l’APN a tenu une réunion présidée par le plus âgé des députés élus, Abdelouahab Aït Menguellet, assisté des plus jeunes députés élus, en l’occurrence, Hamad Ayoub et Bouchlaghem Abdelmoumene, en présence des représentants des partis politiques et du représentant des indépendants, vainqueurs aux dernières législatives, remplissant la condition de constitution de groupes parlementaires.
Cette réunion a été consacrée à l’ordre du jour de la séance d’ouverture de la 9e législature portant formation de la commission de validation de la qualité de membre, l’adoption de son rapport, puis l’élection du président de l’APN conformément aux dispositions de l’article 134 de la Constitution et de l’article 11 de la loi organique 16-12 fixant l’organisation et le fonctionnement de l’APN et du Conseil de la Nation, ainsi que les relations fonctionnelles entre les chambres du Parlement et le Gouvernement, précise le communiqué.
La réunion a été également consacrée au débat des procédures de la formation de la Commission de validation de la qualité de membre, commission dont les membres ont été répartis sur les listes des candidats élus selon le principe de liste à représentation proportionnelle.
Cette commission est composée de 5 membres issus du parti du Front de libération nationale (FLN), 4 indépendants, 3 députés du Mouvement de la société pour la paix (MSP), 3 députés du Rassemblement national démocratique (RND), 3 du Front Al-Moustakbel et 2 autres du Mouvement El-Bina El Watani, conclut la même source.
A noter que la législature de la nouvelle APN débutera demain, 7 juillet, soit quinze jours après la proclamation des résultats définitifs par le Conseil constitutionnel, en vertu de la Constitution. Cette dernière stipule, en son article 133, que «la législature débute de plein droit le 15e jour suivant la date de proclamation des résultats par la Cour constitutionnelle (actuellement Conseil constitutionnel, ndlr) sous la présidence du doyen d’âge de l’APN assisté des deux députés les plus jeunes».