Par Yazid Miloudi
L’entrevue du Président Tebboune avec des représentants de la presse nationale, diffusée vendredi par la Télévision nationale, a été une occasion de revenir sur des questions d’actualité touchant plusieurs aspects. Sur le plan interne, le premier point, les élections locales. Ce qui n’était pas surprenant surtout que la diffusion de cet entretien est survenue la veille du scrutin. Une manière pour le Président de vouloir inciter les Algériens à participer à ces élections, dont la campagne, du début jusqu’à la fin, était des plus ternes.
A ce sujet, il a annoncé l’ouverture, début 2022, des ateliers pour la révision du code communal et de wilaya. Le but escompté étant de faire «renoncer» à l’Etat «certaines prérogatives centrales pour les attribuer aux élus locaux». Une sorte de réponse aux réclamations de la majorité de la classe politique qui remonte à plusieurs années. Toutefois, n’était-ce pas un peu trop tard ? Cette question aurait pu être abordée bien avant le début de la campagne électorale et aurait eu, sans doute, plus d’impact.
Toujours dans l’optique d’un discours rassurant, le Président Tebboune a voulu réaffirmer le côté social de l’Etat en insistant sur le fait que la loi de finances 2022, votée dernièrement par le Parlement, ne va pas y toucher. C’est évidemment la refonte du système des subventions dont il était question et qui est appréhendée, au début de l’année prochaine, par la population.
Les relations avec l’étranger étaient également au menu de cette sortie médiatique du Président. Sur le plan économique, il s’agissait de donner la «vision» officielle de l’Algérie vis-à-vis de l’accord d’association avec l’Union européenne, présentée comme le «résultat d’une faiblesse de l’Etat algérien». Toutefois, il n’est pas question pour lui d’une annulation totale. Le Président préconise un changement dans lequel les deux parties seront bénéficiaires et non seulement l’une d’elles (en l’occurrence, jusqu’à maintenant l’UE). Même «ton» concernant la France avec laquelle les relations ne sont plus au beau fixe depuis plusieurs semaines suite aux déclarations tapageuses du président Emmanuel Macron contre l’Algérie. Dans cette perspective, le Président Tebboune appelle Paris à concevoir les rapports «sur une base d’égal à égal» et surtout «sans provocation».