Fin de grève à Tonic Industrie ? La question est posée depuis que la direction de ce groupe, spécialisé dans le papier et l’emballage, a annoncé jeudi dernier avoir pris des mesures pour ramener les salariés en grève depuis le 17 février dernier à regagner leurs ateliers et reprendre le travail.

Selon la responsable de communication du groupe public, il s’agit de s’attaquer au cœur du problème, le paiement des salaires non versés depuis octobre 2019 ! Nabila Ouchar, qui a fait une déclaration à l’APS, affirme en effet que « le règlement des arriérés des salaires non versés depuis octobre dernier, et constituant l’une des principales causes de la grève ouverte enclenchée par les travailleurs, est en cours d’opération ». Elle a précisé que 30% des arriérés des salaires des mois d’octobre et novembre ont été versés, « avec le règlement de la totalité du mois de décembre ».
Ne pouvant plus procéder aux opérations d’importation de la matière première, le groupe connaît de sérieuses difficultés à relancer sa machine de production et aggrave sa situation financière déjà fortement détériorée à l’image d’autres groupes industriels publics comme Enie et Eniem, spécialisés dans l’électroménager.
Pour janvier 2020, la même responsable a assuré que le salaire sera versé « le 15 mars au plus tard ». « Nous procédons actuellement à l’examen du calcul de la totalité du mois, suite à l’annulation de l’ancienne procédure portant sur un payement anticipé d’un taux de 70% du salaire », a-t-elle expliqué. Mme Ouchar a ajouté que le salaire du mois de février sera versé dès « délivrance des fiches de paye et vérification de leur conformité », sans toutefois donner de date précise pour ce faire. Au sujet des craintes et des préoccupations des travailleurs, la responsable a rappelé que le dossier du crédit à l’exploitation auprès de la Banque de l’agriculture et du développement rural (Badr) « en est à la phase finale », signalant l’accord de principe signifié au groupe Tonic Industrie », en vue de la prise en charge des questions de l’importation des matières premières et des pièces détachées.
La responsable a lancé un appel à tous les travailleurs en vue de la « reprise de l’activité », eu égard, a-t-elle dit, au préjudice financier considérable ayant affecté le groupe à cause de cette grève ouverte, « particulièrement en cette conjoncture difficile, caractérisée par un déficit de 10 milliard DA, au moment où son capital ne dépasse pas les 30 milliards DA », a-t-elle souligné.
Dans un entretien précédent avec l’APS, le président du Conseil d’administration du Groupe avait déclaré que celui-ci « est parvenu à un accord de principe avec la Badr, pour un crédit hypothèque d’un milliard de dinars, qui peut être porté à 2,5 milliards de dinars, pour l’acquisition des matières premières ». Une des principales revendications des travailleurs et du syndicat. « L’accord de principe avec la banque s’inscrit dans le cadre du plan d’action tracé par la nouvelle administration depuis l’été 2019, comme solutions urgentes à court terme, soit 2020, visant à rétablir l’équilibre financier, perdu depuis 2011 », avait-il ajouté.<