Le rideau est tombé dans la soirée de jeudi à vendredi sur la 41e édition du Festival international de Timgad après cinq soirées de chants, de danses et de théâtre. Une clôture en apothéose au rythme du folklore et des rythmes chaouis ovationnés par un nombreux public qui a toujours répondu présent durant les cinq soirées de fête et de spectacle du Festival annuel de la capitale des Aurès.

Le commissaire du Festival international de Timgad, Youcef Boukhentèche, a dressé dans la soirée de jeudi dernier le bilan de la manifestation, en soulignant qu’il considère l’édition de cette année comme une grande réussite malgré un budget diminué de 40% par rapport à l’édition précédente. Youcef Boukhentèche relèvera, lors de cette conférence de presse organisée à l’hôtel Chélia, que ce Festival a réussi à voir le jour grâce aux partenaires. En précisant que «les subventions du ministère de la Culture et de l’Office national des droits d’auteurs et droits voisins (Onda) ont joué un rôle très important dans la réussite de cet évènement». Il ajoute dans ce même contexte que «l’Office national de la culture et de l’information (Onci) nous a offert ses services concernant tout ce qui est matériel technique et Air Algérie nous ont fait des remises sur les billets de nos invités».

Un budget en baisse de 40%
Quant au budget octroyé pour l’édition de cette année, il est, selon le commissaire, inférieur de 40%, par rapport à celui de l’année précédente. Il confie que «l’aide de la wilaya, qui a mis à notre disposition le transport des invités et leur hébergement, nous a sauvé». Il ajoute à propos du manque de sponsoring privé que «nous n’avons pas cette culture en Algérie. Nous sommes encore loin mais nous espérons que cela changera à l’avenir». Toutefois, le commissaire affirme également, lors de cette rencontre avec les médias, que cette 41e édition est de loin meilleure que celle de l’an passé, en estimant que «le public est le seul décideur de la réussite ou non d’un événement. C’est grâce à lui que cette édition est une réussite. Il nous a prouvé cela par sa présence en masse durant toutes les soirées». Par ailleurs, Youcef Boukhentèche avouera que cette dernière édition a connu des désagréments et des manques, notamment sur «la sonorisation». Il reconnaît également que «quelques chanteurs ont dépassé leur temps de passage, car ils étaient submergés par l’ambiance de leurs fans. Ils ont ainsi oublié de laisser place aux autre artistes, ce qui a un peu perturbé le programme de la soirée préétabli». Quant aux chanteurs qui n’ont pas pris la peine de chanter en live et ont utilisé le play back, comme Mok Saïb et Chemssou Freeklin, Youcef Boukhentèche précisera que «même si le public n’apprécie pas ce genre de manière, car il considère que les chanteurs se sont moqués d’eux, toutefois, je peux comprendre tout à fait cela. Il faut savoir que ces artistes étaient à l’étranger et n’ont pas eu le temps de se préparer». Interrogés sur le franc parler de certains artistes participants au festival, à l’instar d’Ali Amrane ou Djam, qui se sont exprimés sur des opinions politiques, le commissaire estime que «cela est tout à fait normal qu’ils puissent s’exprimer en toute liberté. L’art est fait pour s’exprimer et d’être libre de donner son avis».
D’autre part, le commissaire annoncera que «l’édition prochaine, nous ferons en sorte que le festival abrite plus de théâtre et de ballet, c’est-à-dire plus d’art populaire, afin qu’il retrouve son âme d’antan. Tout sera également transféré à Timgad. Cela facilitera les choses tant pour les artistes que pour la presse».

Clôture en apothéose
La fresque « Hamasset Adjyal » (murmures de générations) a ouvert le bal de cette dernière soirée et a rassemblé sur scène quatre comédiens et deux danseurs. Le public a assisté à une talentueuse prestation alliant théâtre, chants et danses. Cette dernière a mis en exergue l’histoire de quatre générations d’Algériens. A savoir, celle de la guerre, de l’Indépendance, de la décennie noire et celle d’aujourd’hui. «Elle est formée de tableaux chorégraphiques qui relatent le quotidien de quatre générations dans une vision moderne tout en puisant dans nos racines esthétiques », selon son metteur en scène Madjed Kouitene. «Nous avons essayé de casser les lois du jeu. Nous avons utilisé un style de narration avec un raoui, qui diffère de ce que nous avons l’habitude de voir», ajoute-t-il. La soirée s’est poursuivie avec le passage sur scène de trois troupes folkloriques. « Folklore diwane Z’mala », « Folklore chaoui Thiziri » ou encore « Folklore Rekrouki Aidoud » ont enchanté les spectateurs par l’interprétation de différents styles du patrimoine. Il y aura aussi l’ensemble de l’IRFM Batna, dirigé par Halim Bouaza, qui a mixé la musique traditionnelle et classique. Le chanteur chaoui, Aïssa Brahimi, montera à son tour sur la scène mythique de Timgad afin de faire voyager l’assistance dans l’univers de la musique des Aurès, en interprétant quelques titres de son répertoire sur l’identité, la culture et sur l’homme chaoui. Cheb Malik Chaoui lui succèdera avec trois de ses morceaux «Rakba El Abber», «Abdellah Djillali», «El Goudji», terminant avec deux chansons du défunt Katchou. En coulisse, dans l’effervescence de cette soirée de clôture, les artistes ont été unanimes à exprimer leur satisfaction de leur participation à cet événement qu’ils décrivent comme important pour la région. Les artistes ont également salué le public présent en masse et en famille à chaque soirée et qui a été à la hauteur de leurs attentes dans un véritable esprit de symbiose et de communion festives.