Correspondance particulière M. M.
En cette campagne des législatives, le discours du tribalisme revient en force. Il est érigé comme une arme de propagande et de ralliement avec ses risques de dérapage et de disloquer la région qui compte plusieurs tribus, comme c’est le cas dans l’arrière-pays tlemcénien. En effet, à chaque période électorale, on se proclame ouvertement en faveur d’un groupe, et on s’en vante comme si c’est le meilleur pour peu que ses membres se montrent disposés à voter pour le candidat du cru. S’enchaînent alors les surenchères verbales et les envolées claniques. On se croirait dans un autre temps, d’autres époques pas si glorieuses, quand on sait quels instincts et quels dégâts ils ont provoqué dans le corps social. Au sud de Tlemcen, composé de nombreuses tribus, un notable de la tribu des Ouled Nhar, Sidi-Ahmed Bechlaghem, candidat FLN, a pris l’initiative d’aller contre les logiques du groupe, du douar et des «familles» en prenant l’initiative, hier, d’inviter des dizaines de personnes de différentes tribus. Ce notable a sollicité les présents autour du mot d’ordre «seule la solidarité peut développer la région», car explique-t-il, le tribalisme et «les promesses de servir ceux d’entre nous, les cousins et les proches des cousins» ont un coût élevé pour la société et pour les individus, parce qu’il mine la cohésion et l’unité du peuple, comme il provoque également la petite violence au quotidien, la petite violence pernicieuse. «Cette violence-là est plus dangereuse parce que plus profondément enracinée, agissant comme une gangrène… Le tribalisme nie l’individu, lui renie ses droits les plus élémentaires, l’empêche de s’exprimer et de vivre tout simplement».
Ce notable qui tente d’apaiser les esprits en effervescence, sera-t-il entendu ?
En cette période où la campagne électorale bat son plein, Tlemcen compte 59 listes, soit 708 candidats, Sidi-Ahmed Bechlaghem a souligné l’importance de cette rencontre, appelant les citoyens appartenant à différentes tribus d’agir tous ensemble pour faire sortir la région de l’anonymat et la hisser vers le développement.