Dès 6 heures du matin, et alors qu’il faisait encore nuit, des fourgons de l’unité 304 anti-émeutes de Remchi étaient postés ce dimanche 11 novembre, devant les sièges de la daïra et de l’APC

de Chetouane ainsi que l’entrée de la localité pour parer à toute éventualité. Et pour cause. Après Tlemcen et Mansourah, c’est au tour de la commune de Chetouane de bénéficier de son quota de logements sociaux au profit d’habitants du chef-lieu éponyme, Ouzidane, Aïn El Hout, Saf Saf, Mdig, Sidi Aïssa, Mçalla… Un évènement qui ne fait pas que des heureux, mais qui est émaillé invariablement d’incidents. A noter que l’APC a opté pour un seul site d’affichage des listes des bénéficiaires, à savoir l’annexe communale sise au village de Aïn El Hout, à quelques encablures du chef-lieu de commune, qui semble être « épargné » par l’effervescence constatée en pareille circonstance. L’opération de « publicité » a eu lieu de nuit, vers 3 heures, selon un habitant du village. Les listes renfermaient 1 400 noms de bénéficiaires retenus avec 90 autres en liste d’attente.

A noter que des noms raturés, donc illisibles, n’a pas permis de les identifiés en cas de recours. Les listes en question auraient dû être affichées dans un cadre vitré ou grillagé pour éviter qu’elles ne soient «manipulées» ou abimées. On nous signale, cependant, aucun mouvement de contestation à cette occasion. Nonobstant un groupe de citoyens massés devant le siège de la daïra pour déposer à priori des recours. Est-ce le calme qui précède la tempête ? Pour rappel, le mardi 30 octobre dernier, et au lendemain de l’affichage des listes des bénéficiaires de logements sociaux à Tlemcen, outre le siège de la daïra, le trafic routier fut paralysé par des contestataires au niveau de la trémie de Koudia (RN22) et l’entrée nord de la ville (Haï Zitoun).
Ce jeudi 8 novembre, de nombreux citoyens avaient observé un sit-in de protestation devant le siège de la daïra de Mansourah à la suite de l’affichage des listes de « la discorde » renfermant quelque 1 160 bénéficiaires. Selon certaines informations, les dossiers déposés après 2013 ne seront pas pris en charge et donc, les demandeurs, en l’occurrence ceux de Mansourah, seront éliminés d’avance. Le rond-point situé à hauteur de la Cour de justice de Tlemcen et le siège de la Sûreté de daïra ont été bloqué, dimanche par des contestataires de cette commune du Grand-Tlemcen, selon des témoins oculaires. Réagissant à l’affichage de la liste des bénéficiaires des 280 logements sociaux, des citoyens de la localité de Sebdou (40 kilomètres au sud du chef-lieu de Tlemcen) ont exprimé leur colère en tentant, le lundi 15 octobre, d’assiéger les locaux de la daïra alors que d’autres ont barré la RN22 qui mène vers Tlemcen et d’autres wilayas du Sud. Dans ce sillage, des familles « lésées » avaient squatté en juin dernier les 100 logements sociaux situés à Aïn Fezza (daïra de Chetouane), à 10 km à l’est du chef-lieu, avant d’être délogées par la Gendarmerie nationale. Elles avaient envahi les lieux pour exprimer leur opposition quant à leur exclusion de l’opération des recours de la commission de daïra.